Emmanuelle Gave

4:45:39 2016.11.17
Le peuple a décidément si mauvais goût… [1] La question subsidiaire portant sur la question épineuse de « Maman fait-elle trop de pates ». Suffrage non encore exprimé, un préavis de grève ayant été déposé [2] Aragon [3] Sources : la citée de la peur [4] Nicolas Machiavel, Discours 1, 4, Editions Gallimard        
12:06:14 2016.02.12
Mais que diable allaient-ils faire dans cette galère? Portalis et Carbonnier pour les plus assidus et pour les autres juste « un  gros bouquin rouge » dont on reconnait les pourtours…. Pourquoi en parler aux lecteurs de l’IdL aujourd’hui ? Tout simplement parce que l’air de rien, le Journal Officiel vient de publier hier une ordonnance de modification du droit des contrats(passée par la loi de modernisation l’économie). Le lecteur cultivé est déjà sans nul doute surpris, dans cette période ou son attention a été drainée sur des sujets aussi valables que la refonte ministérielle, la déchéance de nationalité et la réforme orthographique, d’apprendre que ce gouvernement a donc choisi de passer voie d’ordonnance, comme si cela ne relevait que d’une retouche mineure – ou, dénomination en vogue, d’une "simplification du droit"... Le citoyen intelligent peut déjà s’interroger sur la nécessité de voir le pouvoir réglementaire, donc le politique, intervenir sans passer par un vote de la loi dans un cadre parlementaire surtout dans un domaine qui relève, après tout, de la sphère commerciale puisqu'il s'agit  du droit des contrats. Loin de moi l’idée d’être réfractaire au changement mais j’aimerai quand même débroussailler ces derniers plus avant: Concernant le contrat aléatoire et malgré l’ambition affichée d’une "recherche d’équilibre" dans le contrat de droit français, la réforme entend en réalité donner au juge le droit d’intervenir a posteriori dans la relation contractuelle au prétexte de pouvoir protéger la partie qu’il estimera la plus faible dans ce rapport économique. Cette réforme entend donc donner le pouvoir aux juges d’intervenir dans une relation entre professionnels.  De là, se pose donc inéluctablement la question de l’indépendance de la justice surtout quand on connait le travail parfois prodigieux accompli par certains tribunaux de commerce (on pense aux adjudications Adidas, la vie claire etc).Les tribunaux civils avaient jusqu'à maintenant été épargnés en ce que la loi était claire et non soumise à interprétation. Une jurisprudence relativement constante et logique assurait à l'ensemble une issue judiciaire encadrée. Désormais, compte tenu de l’imprécision des termes des nouveaux articles du Code civil qui figurent dans cette ordonnance, le juge pourra aussi bien, à travers la jurisprudence qu’il dégagera, veiller à l’exécution des obligations que les parties ont librement consenties ou, au contraire, faire absolument ce qui lui semble, à lui, juste au détriment de la volonté initiale affirmées des parties au contrat. Nombres de penseurs, dont Hernando de Soto, ont par le passé démontrés l’absolu nécessité d’un système contractuel sain et pérenne dans la perspective de croissance optimale de richesse et de bien-être d’un pays. Comment imaginer qu’une société étrangère, en dehors de toutes implications de droit du travail ou de la concurrence, souhaiterait investir dans un pays ou sa relation contractuelle avec des tiers pourrait être soumise à l’impartialité d’un tribunal plus ou moins indépendant du pouvoir politique ? Cette ordonnance réglementaire nous expose donc au risque majeur de rendre aléatoire les contrats soumis à notre droit et donc de pénaliser gravement l’attractivité juridique de la France. Par ailleurs,le second effet mécanique de cette réforme sera, sans nul doute, de multiplier les contentieux contractuels, notamment dans les premières années d’application et donnera lieu à l’introduction parallèles des clauses abusives dans les contrats commerciaux. Je n'ai aucun doute sur le fait que cela va ravir nos entrepreneurs déjà bien mal en point dans une économie compétitive difficile. Pour les juristes ou les curieux, j'aimerai citer des extraits du projet gouvernemental en question afin d'asseoir mes propos: -Sur la forme,le ministère de la justice a, sur le fondement d’une habilitation issue de la loi du 16 février 2015, élaboré un avant-projet d’ordonnance, qui a ensuite été soumis à une consultation publique sur internet du 28 février au 30 avril 2015, qui s’est révélée particulièrement efficace, nous dit-on. Je me pense une personne informée, connectée or, cette initiative populaire, à laquelle j'aurai aimé participer m'a échappé mais passons, -Sur le fond, plusieurs remarques: Extrait :"Concrètement, lorsqu’un contractant craint que son contrat ne soit pas valable, il pourra interpeller son partenaire sur cette difficulté afin que ne plane pas, indéfiniment, une menace d’annulation du contrat". Quand j’étais avocat, j'avais appris que le consentement des partis  prévalait sur toute autre interprétation ainsi tant que les parties au contrat arrivaient entre elles à un accord synallagmatique sur la chose et sur le prix, le contrat avait valeur légale. Ainsi, je m’interroge sur l'avancée que représente "l’interrogation de la partie adverse"... Poursuivons. Extrait: "Ainsi, en cas d’inexécution grave, une partie pourra mettre fin au contrat sans nécessairement passer par une décision judiciaire, par une simple notification au créancier".  Laissons de coté qui évalue ce qui constituerait le cas d'une inexécution grave pour le moment pour se concentrer sur ce que représente "mettre fin au contrat par AR". Cas d'école: je suis une entreprise de service à la personne  Suédoise qui viendrait s'implanter en France; pour ce faire, je vais contracter avec un sous-contractant à qui je délègue disons la partie restauration de mon service à la personne et plus spécifiquement la partie plat sucrés  (TPE). Cette TPE estime un jour que je n'ai pas fait droit à ses demandes de congés payés aux dates par elle demandées et me signifie par simple notification, la fin de notre contrat. Elle en a tous les droits désormais. Difficile quand même pour un entrepreneur il me semble de se projeter sereinement dans une croissance future avec une telle épée de Damoclès au dessus de sa vie contractuelle avec les tiers! Notons que les clients aussi pourront en faire de même et dénoncer le contrat dans cette logique globale.   Extrait: "La réforme consacre la notion de bonne foi à tous les stades de la vie du contrat, y compris au moment de sa formation. Ainsi notamment une personne devra communiquer une information dont elle dispose mais que son partenaire ne peut pas connaître, si elle est essentielle pour qu’il prenne sa décision de contracter ou non (par exemple, dans le cadre de la vente d’un appartement avec vue sur la mer, la construction à venir d’un immeuble bouchant cette dernière).  Encore une fois, mes bancs d’universités  datent mais j'ai quand même un vague souvenir que les notions de dol, d'erreur et de violence, sanctionnés par une nullité du contrat sous entendaient relativement la même idée de fond. L'article 1116 du code civil  prévoit ainsi que le dol : « le dol est une cause de nullité de la convention lorsque les manœuvres pratiquées par l'une ou l'autre des parties sont telles, qu'il est évident que, sans ces manœuvres, l'autre partie n'aurait pas contracté. Il ne se présume pas, et il doit être prouvé. » Je pense que nous devons donc en déduire que désormais, à l'inverse de ce qui était le droit antérieur, l'avancée résulterait donc d'une présomption inversée.En pratique, je comprends donc que là ou auparavant il vous incombait de prouver que le vendeur avait connaissance de la construction en face de la mer, cette simple construction emporte désormais charge de la preuve.  Cette question n'est pas propre au droit français et s'est posée aussi outre Atlantique ce qui me permet de tenter cette ouverture: Que cédez vous dans une vente théoriquement? Réponse:un droit de propriété. Ce droit de propriété porte sur un appartement, une maison dans sa configuration physique au jour de la vente. L'espace extérieur, s'il est évidemment une des considérations dans votre achat ne peut en revanche, juridiquement, être un des aspects de la cession, pas plus que vous ne sauriez contracter sur un ciel bleu parfait pendant toute la durée de vos vacances. Mon avis est qu' assurément le droit n'est pas  ce qui sous tend cette réforme, nous sommes en face d'une intention de faire le bien."La réforme protège la partie faible, en sanctionnant par la nullité du contrat l’abus de l’état de dépendance d’une partie ". Je crains de ne pas avoir développer.... Et ce n'est pas fini:"Afin de parachever le chantier de modernisation du droit des obligations, le Gouvernement, comme l’a annoncé le Président de la République le 5 février dernier, s’attèlera prochainement à réformer le droit de la responsabilité civile, qui repose aujourd’hui essentiellement sur cinq articles inchangés depuis 1804."A titre personnel, le fait qu'une loi soit restée inchangée depuis pas mal de temps ne me fait pas pencher vers l'idée qu'elle serait obsolète, bien au contraire. Notre code civil a assurément ses défauts mais faire valoir qu'une loi devrait être changée sous le prétexte qu'elle serait la même depuis 1804 me semble à peu prés aussi farfelu que de déclarer que l'autoroute A1 réclamerait un nouveau tracé car elle serait restée inchangée depuis Napoléon III! Et de nous replonger dans notre Histoire de France, quand les bourgeois de Saint Malo face à Louis XIV leur demandant comment il pouvait les aider afin de les remercier pour leur bravoure face au siège de la perfide Albion de déclarer : « Sire, Sire, surtout ne faites rien , vous nous avez suffisamment aidé".  

EG

 
3:46:25 2015.11.26
La modernité de la Nation l’identité malheureuse » qu’il existait une certaine idée romantique dans le nationalisme du début du 20 me siècle.Depuis, coupable du génocide des juifs et du crime colonialiste, l’Europe, écrit-il, est devenue méfiante, à raison, envers toute forme de romantisme nationaliste et craint aujourd’hui, l’identité nationale comme la peste. Mais peur de quoi ? Du concept de Nation ? C’est un poncif que de citer le célèbre discours d’Ernest Renan de 1882 à la Sorbonne mais il existe peu de perception aussi claire et pragmatique sur ce concept. (Pragmatique aura exclu Barres). Depuis la fin de l'Empire romain, ou, mieux, depuis la dislocation de l'Empire de Charlemagne, l'Europe occidentale s’est divisée en nations, dont quelques-unes, à certaines époques, ont cherché à exercer une hégémonie sur les autres, sans jamais y réussir d'une manière durable.Les nations, entendues de cette manière, sont quelque chose d'assez nouveau dans l'histoire et l'Empire romain quant à lui, fut bien plus près d'être une patrie.C'est l'invasion germanique qui introduisît dans le monde le principe qui, plus tard, a servi de base à l'existence des nationalités . La nation moderne est donc un résultat historique amené par une série de faits convergeant dans le même sens. Tantôt l'unité a été réalisée par une dynastie, comme c'est le cas pour la France ; tantôt elle l'a été par la volonté directe des provinces, comme c'est le cas pour la Hollande, la Suisse, la Belgique ; tantôt par un esprit général, tardivement vainqueur des caprices de la féodalité, comme c'est le cas pour l'Italie et l'Allemagne.Le Siècle des Lumières a permis de recentrer une certaine idée de l’homme, après des siècles d'abaissement, au respect de lui-même, à l'idée de ses droits. Les mots de patrie et de citoyen ont repris leur sens. Avec la révolution française, il a fallu se rendre à l’évidence qu’une nation pouvait donc exister en dehors d’un principe dynastique. Alors serait-ce la race qui définit la Nation ? Pour Ernest Renan, autant le principe des nations est juste et légitime, autant celui du droit primordial des races est étroit et plein de danger pour le véritable progrès. La considération ethnographique n'a donc été pour rien dans la constitution des nations modernes .La France est celtique, ibérique, germanique. L'Allemagne est germanique, celtique et slave. La vérité est qu'il n'y a pas de race pure et que faire reposer la politique sur l'analyse ethnographique, c'est la faire porter sur une chimère.La conscience instinctive qui a présidé à la confection de la carte d'Europe n'a tenu aucun compte de la race. Alors le fait de parler la même langue ? A cela, Renan rétorque que la Suisse fonctionne avec la langue Italienne, Française et Allemande et que, malgré la variété de ces idiomes, la volonté de vivre ensemble des Suisse est un fait bien plus important qu'une similitude souvent obtenue par des vexations. L’appartenance à une même religion serait alors peut être une piste ? Pas vraiment, car si à l'origine, la religion tenait à l'existence même du groupe social, de nos jours, la situation est parfaitement claire : Il n'y a plus de masses croyant d'une manière uniforme. Chacun croit et pratique à sa guise, ce qu'il peut, comme il veut. Il n'y a plus de religion d'État. On se tourne alors vers la communauté d’intérêt ? Certes, la communauté d’intérêt est sans nul doute un lien puissant entre les hommes mais les intérêts, cependant, suffisent-ils à faire une nation ? Assurément non. La communauté des intérêts fait les traités de commerce. Il y a dans la nationalité un côté de sentiment ; elle est âme et corps à la fois ; un Zollverein n'est pas une patrie. Reste donc la Géographie : la Géographie fait- elle la Nation ? Pour Renan,la géographie est un des facteurs essentiels de l'histoire mais la terre n’est que cela. La terre fournit le substratum, le champ de la lutte et du travail ; l'homme fournit l'âme. L'homme est tout dans la formation de cette chose sacrée qu'on appelle un peuple. Rien de matériel n'y suffit. Une nation est un principe spirituel, résultant des complications profondes de l'histoire, une famille spirituelle, non un groupe déterminé par la configuration du sol.   Alors, qu’est-ce qu’une Nation ? Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. La Nation, comme l'individu, est l'aboutissant d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j'entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple.Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore. L'homme n'est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s'appelle une nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les sacrifices qu'exige l'abdication de l'individu au profit d'une communauté, elle est légitime, elle a le droit d'exister.   "Consentement", "volonté" , voici des mots acceptables pour le lecteur libéral qui tendraient même à réconcilier la vision du nationalisme de Renan avec nos propres intuitions. Certains argumenteront surement qu'il est aussi question d'une "abdication de l'individu", cette même notion de l’individu que Barres qualifiait de "moi individuel". Ainsi, pour Barres, nous perdrions tous un"moi individuel" au profit d'un moi collectif. Certes, mais par choix. Une donnée du libre arbitre. Après tout, l'homme nait seul et meurt seul mais doit-il vraiment vivre seul tout le long du parcours pour faire preuve d'un véritable esprit libéral combatif luttant contre toute perte d'individualité?
8:28:35 2015.11.05
La fin du bouc : hommage à René Girard La Fête au bouc" mérite toujours citation.  
11:00:35 2015.07.08
Démocratie et GPA Le 3 juillet 2015, la Cour de cassation a opéré un revirement face à ses jurisprudences traditionnelles dans une décision plus que politique. La question posée par deux arrêts, relevait de l'inscription à l'état civil de deux enfants nés de gestation pour autrui (GPA) à l'étranger, un an après la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour non-reconnaissance de la filiation des enfants nés de mère porteuse hors de nos frontières,   La cour de cassation a donc jugé dans ses deux arrêts d'espéces qu’une GPA ne justifiait pas, à elle seule, le refus de transcrire à l’état civil français l’acte de naissance étranger d’un enfant ayant un parent français.Ce sont là les principes essentiels de notre droit qui sont en cause. Et notamment celui de la distinction entre la personne et les choses. La "personne" est une invention juridique du droit romain qui a posé comme principe qu'un être humain, contrairement aux choses, est une personne, car elle n'est pas disponible aux autres ; elle n'est pas susceptible d'être cédée, même gratuitement.Si on admet qu'un enfant peut être donné, sous le seul prétexte qu'il est désiré, alors il est traité comme une chose. C'est pareil pour les mères porteuses utilisées comme "couveuses". En leur accordant la qualité de "personnes", le droit a pour fonction première de protéger les êtres humains contre la force - ou les désirs - des autres êtres humains. C'est pourquoi la GPA, dans son mécanisme-même, est une attaque contre les êtres humains et la protection essentielle que leur doit le droit. Le pouvoir politique, une fois encore voudrait nous faire croire que « plus de droits » signifierait une société plus juste. Une illusion consiste en effet à croire que nous réaliserons le destin de la démocratie en généralisant ses mécanismes. Une autre, que ce sera en concrétisant ses principes fondateurs jusqu’au extrêmes limites. Ce qui est le cas lorsque nous développons les droits sans aucune exclusive ni barrière, persuadés que toute extension de droits correspondait à un progrès, comme si la démocratie devenait de plus en plus parfaite à mesure qu’elle s’avance sur son ère. L’homme d’autrefois concrétisait sa dignité par l’accomplissement d’une éthique, l’homme contemporain, par l’obtention de droits. Sa grandeur tangible s’exprime désormais dans l’expression d’un SMIC, dans l’enseignement gratuit, dans le droit à un enfant. Les droits ouvrent aujourd’hui tout prétexte aux revendications de la complaisance. L’accumulation exponentielle de droits provient en partie de ce que nous  confondons la non interdiction avec la légitimation, supposant en d’autres termes que tout ce qui est toléré devrait être facilité, voire encouragé. Or, un comportement peut très bien se trouver permis, au nom de la liberté individuelle sans pour autant être légitimé ou facilité par des lois! En tant que libérale, je ne m’auto-définis pas comme la somme des droits qui me seraient autorisés : droit à l’adoption, droit aux 35 heures, droit au logement et plus que tout, je ne demande pas à la république française d’assumer mes envies. L’analyse suivant laquelle le droit de vendre son corps (pour les loueuses de ventre) serait un absolu oublie cet autre droit tout aussi légitime que pourrait être celui de l’enfant à connaitre sa mère biologique. Dans la mesure ou notre société impose le relativisme, personne n’a, de fait, le pouvoir d’organiser ces droits hiérarchiquement. Sauf la nation dans son expression populaire.  

« Un temps pour rappeler au politique  que si L'égalité peut être un droit,  aucune puissance humaine ne saurait la convertir en fait. »

Honoré de Balzac

10:48:57 2015.04.07
Avez-vous choisi de naître?

 Pourtant vous prétendez choisir de mourir?

Aux rencontres internationales de Genève de 1943, Bernanos constatait que lorsque la civilisation fléchit « les hommes recommencent à chercher un terrain vague, un coin de rue où perdre leur âme immortelle avec l’espoir que personne ne la leur rapportera ».   Il avait raison. Nous trouvons nous encore une fois, devant cette caste de libéraux qui soit parce que trop jeunes, soit parce que trop indifférents propagent le message d’une soit disant « liberté absolue » de tout faire, tout vendre, tout acheter : vendre son corps, acheter le corps de l’autre. « Liberté, j’écris ton nom ». Lasse. Or, les Droits ne sont jamais que des moyens pour garantir le respect de l’homme et le Libéralisme quant à lui, dans sa tradition de philosophie du Droit n’est jamais qu’une pensée cherchant à défendre le faible contre le fort, le petit contre l’Etat. Or, parce que nous avons de plus en plus de difficultés à savoir ce qu’est l’homme nous avons aujourd’hui du mal à également définir ce que sont ces fameux « droit de l’homme ». En revanche, je sais une chose, jamais un libéralisme digne de ce nom ne cautionnerait un système d’oppression du plus faible au service du plus fort, contrairement à ce que je vois écrit, drapés dans une appellation sirupeuse de « Liberté ». L’homme, contrairement à ce qu’insufflent ces héritiers de Pic de la Mirandole, n’est pas une cire molle. Si vous faites abstraction des significations que recèle un individu vivant et souffrant, vous pouvez le découper en tranches, vous ne trouverez que de la viande. L’homme contemporain est réduit à sa biologie, à la marchandisation du corps, à sa violence et à sa dimension perverse. Ne mentionnons pas les dérives insoutenables qui conduisent parfois des hommes et des femmes frappés par la misère à vendre un de leurs organes. Ne mentionnons pas le fait que même au sein des pays les plus favorisés économiquement, ce sont les plus fragiles de ces pays-là qui font l’objet d’une sournoise exploitation, et concernant la médecine de la procréation,  ne mentionnons pas que le corps féminin a été transformé en usine à produire des ovule.. Le règne de l’efficience totale et de la liberté totale n’atteint-il pas, dans cette perspective, l’humanité dans sa dignité même? Plus gravement encore, c’est à une perversion du principe suivant lequel une intervention sur un corps humain n’est légitime que si elle a lieu avec le consentement de l’intéressé, "sa liberté à vendre son corps".   L’imposition de cette soit disant norme libérale d’un individu libre et consentant contraste fortement avec les réalités sociales et culturelles des patients indiens qui n’ont bien souvent que leur corps biologique comme ressource économique et qui ont rarement accès à des soins de santé de qualité.   Au bout du compte, la liberté de vendre son corps en vient à servir de caution à l’emprise économique sur la vie humaine plutôt qu’à protéger les plus démunis : ces derniers auront consenti aux diverses interventions sur leur propre corps, mais auront-ils eu le choix de ne pas consentir? Où est la beauté de la liberté dans l’utilisation de la misère humaine ? Nous sommes bien loin de la  philosophie utilitaristes de Bentham et de Mill  qui en leurs temps ont pu servir d’activateur ultime à la marchandisation du corps en offrant leurs corps à la science ! Quant à nous, spectateurs extérieurs, la question demeure la suivante :Une société humaine, humaniste, doit-elle tout autoriser au motif que tout est possible? Mais, pouvoir faire quelque chose ne signifie pas qu'il est bien de le faire et c'est le rôle des sociétés humaines, de leurs règles et de leur Droit, que de dire ce qui est permis et ce qui ne l'est pas, de dire ce qui est éthique et ce qui ne l'est pas, de défendre le plus faible contre la violence des plus forts. Un homme a besoin de libertés pour vivre mais de quelles libertés peut-il disposer sans pour autant aliéner les autres et s’aliéner soit même ? Le libéralisme, plus que tout autre courant de pensée, ne saurait faire l’économie de  cette question: Qui est l'homme? Emmanuelle Gave
11:16:12 2015.04.02
« Personne ne s’attend jamais à l’ inquisition espagnole » ou quand Bernard Cazeneuve reprend la fourche d’hérétique La loi sur le renseignement débattue  en ce moment à l'Assemblée Nationale et votée par la commission de l'Assemblée Nationale le 1 er avril après être passée en audition devant pas moins de trois ministres (Intérieur, Justice et Défense) constitue sans nul doute une atteinte aux libertés fondamentales d’une démocratie.  Le New York Times outre Atlantique a même trouvé à s’exprimer sur ce sujet et pourtant,  ce dernier est assez peu connu pour son versant libertaire. Je ne reviendrai pas içi sur les termes de cette loi ni sur la fait qu'il suffirait d’exploiter les lois déjà en vigueur; je laisse cela à d’autres papiers toutefois pour mémoire, ce projet de loi compte renforcer la surveillance des internautes au nom  du terrorisme en demandant la détection automatiques des comportements spécifiques mais surtout en permettant un élargissement d’accès aux données de tout individu sur simple présomption étatique. Bernard Cazeneuve entend également, contrôler ainsi « les groupuscules d’extrême droite » (cf Rapport du 31 mars filmé sur la chaine LCP). Je voudrais tenter simplement de définir dans ce papier ce que devrait être un processus de  gouvernement à ce stade de notre histoire. Tout d'abord, les lois ne doivent jamais être votées sur le coup des émotions. Par suite, serait-il possible de concevoir que la volonté d’empêcher le « mal » ne soit pas démocratiquement acceptable en ce que cette notion est, elle-même, purement subjective ? Enfin, depuis quand la morale est-elle devenue une forme de gouvernance acceptable ? Saint -Just s'y est essayé et bien sur la très sainte inquisition. Car oui, la présente loi, subtilement emballée dans les prémices de « loi sur le terrorisme »  présente, il me semble,  tous les grands éléments fétides d’une superbe loi de la grande inquisition:
  • Un premier ministre éructant semaines après semaines à la grande volière nationale ;
  • Des ministres intègres et conseillers vertueux qui, dans les pas de ce dernier se sentent pousser des ailes pour je cite « cibler les mouvements identitaires de Droite »;
  • Des élections honteusement ratées et un sentiment atone de vouloir en découdre.
Alors, bien sûr, je pourrais en tant que libérale pointer du doigt l’atteinte à la liberté de la presse et aux libertés fondamentales. Et je pourrais avoir raison si mon libéralisme était  superficiel pour reprendre le distinguo de Philippe Nemo (comprendre  "La liberté" comme seul axiome de réflexion) mais mon libéralisme me porte toujours à réfléchir à la notion de morale.Tous les efforts de la raison et de l’intelligence ont démontré  que si l’on veut secourir l’homme qui souffre, on doit provoquer le progrès et que si l’on veut le progrès, il faut alors promouvoir la liberté sous toutes ses formes. C’est en cela qu’une atteinte aux libertés fondamentales me pose un vrai problème. C’est pour cette raison, intellectuellement contraignante pour Natacha Polony, que nous prônons le libéralisme et c’est aussi pour cela que le libéralisme est une branche de la philosophie du Droit, contrairement aux bêtises entendues trop souvent.  Le libéralisme est infiniment plus qu'une liberté de tout faire par principe ou qu'un réduction à un simple capitalisme débridé comme cela est écrit aussi bien souvent par ceux qui s'embourbent dans les passants utilitaristes. Passons. L’analyse des mécanismes totalitaires du  passé nous a permis par ailleurs de comparer les idéologies entre elles et l’inquisition apparaît à ce titre comme l’ancêtre des totalitarismes modernes. Il s’agit toujours de sacrifier les hommes à un dogme, à une vérité triomphale. Et si l’on veut trouver un coupable commun, il faut s’en prendre à la certitude elle-même . La certitude tue, voilà ce que nous appris l'Histoire et les grandes certitudes tuent grandement. Nous n’avons malheureusement qu’une trop grande expérience des excès de certitudes. Dès qu’un groupe politique croit la posséder, il utilisera alors la contrainte  à la mesure de ses moyens. Dernière certitude en date du gouvernement Hollande, «  Le front National serait responsable de tous nos maux ». Je m’arrête içi deux secondes car la mièvrerie ambiante aidant, je sais aussi ce que cette simple évocation va déclencher comme commentaires. J’aimerais donc qu’il soit noté que la question n’est pas « est-ce vrai ou faux » ou même « est-ce que le front national est un petit peu méchant ou  très très  méchant » qui en général constituent les deux points intellectuellement culminants de toutes discussions sur ce sujet mais plutôt donc de se concentrer sur le mécanisme de morale totalitaire employée par le pouvoir en place en brandissant cet oripeau du F.N. L’homo politicus de gauche semble n’avoir  désormais dans le désordre de sa pensée comme seule boussole semble t- il le consensus de la répugnance et comme gouvernail « le mal » . Or cette notion de mal traduit en elle-même la reconnaissance d’un absolu moral sous une forme affolée et vide de sens moral justement. Car enfin, au nom de quelle certitude humaine appelle-t-on à voter des lois sur un simple principe de répugnance ? Monsieur Bernard Cazeneuve nous demande de laisser voter une loi de renseignement afin de contrôler dit- il « les groupuscules d’extrêmes droites »  et donc en sous-jacent bien évidemment dans leurs esprits, les éléments du Front National qui  la dernière fois que j'ai regardé, est un parti républicain au sens de la constitution de la V eme. On peut le regretter mais alors il convient de remettre en question les institutions et se battre pour faire en sorte de les changer afin que ce parti soit légalement anticonstitutionnel. Cela n'est pas le cas aujourd'hui.Donc quelqu’un peut-il m'expliquer quelle est  donc la différence entre l'approche de Monsieur Cazeneuve et celle de la  la grande inquisition ? J'ai comme un gros doute. ON NE CONDAMNE PAS AU NOM DE LA MORALE. Et quelle sera  l'utilisation d’après de cette loi de renseignement un fois passée en force d’exécution?  Son application aux adversaires politiques du  renouveau de la pensée unique socialiste? Devront-ils aussi être mis sur écoutes et contrôlés ? Et pourquoi pas toute forme d'opposition en général? Comme un air de "déjà vu", n'est ce pas?Evidemment,tous lecteurs avisé se sent mal à l'aise de devoir défendre la liberté du FN aujourd'hui pour défendre sa propre liberté à exprimer une opinion politique divergente dans le futur mais concéder aujourd'hui au nom de la morale à combattre le "mal" c'est inéluctablement perdre nos libertés civiles envers un Etat totalitaire en devenir. Comme il se dit souvent trivialement: "On en peut pas être un petit peu enceinte". Par ailleurs,je pense que tout lecteur conviendra que notre société moderne ne devrait pas être intéressée par une morale envahissante à l’expression exsangue qui prendrait le pas sur la recherche de la vérité vers laquelle tout homme bon et libre doit aspirer. Nous avons le devoir, en tant qu'hommes modernes, de laisser les considérations morales collectives en dehors de nos choix politiques. La morale est une notion strictement individuelle et "le Babylone de tous les péchés" qu'est l’État, surtout ces derniers temps, n'a RIEN à y faire. Enfin, le message moral employé par le pouvoir politique de gauche n’est pas explicatif comme l’était par, exemple au XVI eme siècle celui de Las Casas qui défendait la dignité des indiens ou de Thomas Moore qui s’indignait contre la misère:
  • Il est tonitruant et répétitif.
  • Il est clamé avec véhémence et n’exclut jamais la menace face à ses adversaires.
  • Il compense ainsi son manque de justificatifs par sa toute puissance et sa toute présence. On ne récuse pas avec la raison mais on « hait » et on « s’indigne ».
A titre personnel, j’ai deux enfants et passé un certain âge, il me semble que le simple message de «  Ne te penches pas par la fenêtre » mérite d’être développé, avec, par exemple «  Si tu te penches trop, tu risques de tomber de trois étages » ou alternativement pour d'autres  « J’ai connu une petite fille qui s’est trop penchée, qui est tombée et qui est morte ». C’est au choix, je ne juge personne, tolérante que je suis des choix éducatifs des uns et des autres. Toutefois, je sais quand même que sceller toutes les fenêtres n’est pas une solution. Pas plus qu’invoquer la présence des dragons derrières les volets, passé les 7 ans de ces mêmes enfants. Nous ne pouvons pas prétendre dans une démocratie que chaque citoyen serait suffisamment éclairé pour voter mais trop bête pour détenir sa propre notion du bien et du mal et de se fonder un avis en conséquence. Or c’est exactement ce que ce gouvernement propose. Il entend sceller toutes les fenêtres, contrôler l’accès  des flux afin d’empêcher les grands dragons F.N  cachés derrière les volets du 3  me étage de voler les petites filles qui se pencheraient trop sur les balcons. Je sais, moi aussi je souris et pourtant combien d’entre vous sont allés manifester contre les dragons de « je suis Charlie ?   Mes questions aux lecteurs seront donc celles ci  : Serait-il possible  de réfléchir à la façon de sortir par le haut de cette mièvrerie ambiante que les politiques nous imposent et surtout, surtout d’arrêter d’y prendre part, consciemment ?Parallèlement, serait-il en  possible de dénuder les racines de l’émotion et de l’indignation et de tenter, enfin, de fonder une véritable réflexion sur les institutions politiques et leurs rôles véritables dans la cité France ?  Nos dirigeants politiques, de Droite comme de Gauche, ont depuis un moment perdu toute notion de leurs rôles au service des institutions régaliennes qui sont les leurs et semblent vouloir se transformer en grands prêtes de la cité. Ne les encourageons pas et surtout ne leur en donnant pas les moyens. Je sais bien que « personne ne s’attend jamais à l’inquisition espagnole »( Nobody expects the spanish inquisition Monthy Python) mais, j’en ai quand même un peu assez de la croiser tous les jours dans le débat public…..           Emmanuelle Gave      
8:10:11 2014.04.30
L’Europe du vase de Soissons selon l’ UDI ou Souriez, vous êtes mythifiés les mythes du quotidien de nos sociétés modernes et des abus idéologiques qui en découlent.On découvre dans « mythologie » la véritable signification du catch en décalcomanie d’une tragédie Grecque quant à la lessive, « persil » , elle a fondé son prestige sur l’évidence d’un résultat, en donnant à comparer deux objets dont l’un serait « plus blanc » que l’autre. Presque psychanalytique. Reste l’Europe. On s’en doutait. J’aime L’Europe. J’entends par là que j’aime l’idée selon laquelle l’être humain, animal social, serait plus fort à plusieurs que tout seul, que ce soit dans un mariage, à deux, dans une famille à quatre ou dans une Union, à vingt-huit.Mais ai-je encore le droit de ne pas aimer cette Europe, l’application pratique proposée par la bureaucratie sans que tous les cataclysmes des enfers ne s’abattent sur moi ? Car enfin, j’aimerai déjà partir d’un constat de bon sens. Tous nos pays de la zone euro sont actuellement dans des crises démocratiques sans précédent. Dés lors, on peut légitimement penser que les gouvernements de la Belgique, de l’Espagne, de l’Italie de l’Allemagne ou de la Grèce pour ne citer qu’eux n’auraient pas donné entière satisfaction à leurs électeurs. Alors par quel extraordinaire effet de pierre philosophale pourrait on être amené à penser que les mêmes, ailleurs, seraient alors capables de faire ce qu’ils ne savent pas faire chez eux, à savoir, diriger une nation avec probité et vision ? Je m’interroge. « Oui mais madame, l’Europe nous a apporté la paix ». Et voilà comment nous rejoignons Roland Barthes et le concept de Mythification, par la tautologie agressive suivante : "Europe= paix ". Bien sur, bien sur. Alors, oui, la tautologie est toujours agressive, elle signifie une rupture rageuse entre l’intelligence et son objet, la menace arrogante d’un ordre ou l’on ne penserait pas. Pourquoi penser puisque désormais  "l’Europe signifie la paix ". Imaginez donc, petite madame. De même que l’ Economie générale de la France n’est que rêve face à la fiscalité française, seule réalité de  bon sens , l’histoire de la pensée, ou a plus forte raison l’histoire tout court n’est qu’un phantasme intellectuel en face d’une Europe toute aussi simple, toute aussi concrète que le régime de l’impôt. Pourquoi réfléchir en terme de subsidiarité, pourquoi penser Auguste Comte et le clivage entre le pays réel et le pays légal quant on peut agiter le spectre d’une guerre ? C’est vrai, suis- je sotte aussi ! « Il en est des amours comme des empires ; que cesse l’idée sur laquelle ils reposent et ils s’effondrent avec elle » disait Milan Kundera dans « l’insoutenable légèreté de l’être ».L’idée sur laquelle ils reposent. Moi, si j’étais plus audacieuse, j’aimerai que les défenseurs de l’Europe actuelles viennent içi bas, m’expliquer sur quelles idées cette Europe repose. Et ma prière semble avoir été entendue car, aujourd’hui même  l’UDI a publié ce manifeste que je m’apprête donc à commenter, forte des remarques déjà évoquées plus haut (que le lecteur avisé conservera en mémoire):   ************ « Le 25 mai prochain, les Français choisiront leurs représentants au Parlement européen.Ce scrutin est aujourd'hui marqué par de nombreuses ambiguïtés: - L'ambiguïté d'abord de ceux qui veulent faire de cette élection un scrutin purement national. Pour nous, l'Europe vaut mieux qu'un simple vote pour ou contre François Hollande. Chacun doit d'ailleurs avoir conscience que le choix des Français le 25 mai ne changera rien à la politique du Gouvernement et de sa majorité . ( NDLR ou comment motiver les troupes dés le début, "Allez voter"…. mais cela ne changera rien)

 L'ambiguïté ensuite de ceux qui veulent siéger à Strasbourg pour détruire la construction européenne de l'intérieur, comme si à l'heure de la mondialisation l'isolement de notre pays pouvait être une réponse crédible et efficace ;

 NDLR : Je vais essayer de détricoter l’idée sous jacente : il y aurait donc des ennemis qui tenterait de changer les choses « de l’intérieur » ; de là ou je me situe, j’aurai tendance à appeler cela l’opposition, teintée d’entrisme à la rigueur, mais passons…. L'ambiguïté enfin de ceux qui sont devenus eurosceptiques au PS comme à l'UMP et qui ne croient pas à l'Europe politique. Ceux-là, par faiblesse, laisseront toujours le champ libre aux technocrates.   NDLR :Alors là, nous avons une beauté du genre « les politiques laisseraient le champs libre au technocrates .L’UDI tenterait-elle de nous expliquer qu’outre « les faux élus de l’opposition » (cf remarque 2) il existerait aussi une caste de faux politiques grimés sous des allures de (OMG) technocrates ? Et très beau choix du mot « ambiguïté » …. C'est sans aucun doute parce que nous avons trop souvent confié les clés de l'Europe à ceux qui n'y croyaient pas vraiment que le projet européen s'est enlisé. (NDLR :Le moment Thomas Sowell que nous attendions tous dans un discours sur l’Europe : évidemment, si le projet ne fonctionne pas, c’est que voyez vous nous ne sommes justement pas parvenu assez loin (voir pour les reproches les remarques 2 et 3 dans la  personne de désormais référencée sous «  l’ennemi technocrate chargés d’ « ambiguïtés » ». La question de la rédaction : a t-il des doigts des crochus et comment peut le reconnaître aisément en société ?  Nous sommes des européens convaincus car nous savons qu'il n'y a pas de plan B à l'Europe. NDLR Le moment « too big to fail » ou de toutes les façons c’est cela ou la mort, autre favori du genre. Nous portons un projet clair et cohérent: celui de bâtir l'Europe des convergences fiscales, sociales et des nouvelles souverainetés.NDLR Quelqu’un peut il me définir « des nouvelles souverainetés », celles des technocrates européens par exemple ? Pardon « des vrais amis de l’Europe politique sans entrisme ambiguë », I presume? Renforcer nos entreprises et sécuriser nos frontières ne pourra se faire au 21ème siècle qu'à l'échelon européen. Voilà une équation intéressante : le libre échange dans un système protectionniste , aider les entreprises à être plus libres dans les carcans imposés. S’il vous plait, dîtes moi que « Entreprise » était un mot imposé ? C'est une réalité qui nous oblige à construire plus vite l'Europe politique et démocratique dont les pères fondateurs ont rêvé au sortir de la deuxième guerre mondiale.Le quart d’heure, mythification, voir plus haut, « L’europe de la der des ders », j’en tremble d’émotion. Nous voulons surtout redonner la parole aux citoyens, recréer du lien avec les Parlementaires pour construire un modèle plus collaboratif grâce notamment aux outils de la e-démocratie.Nous voulons un pilote dans l'avion européen (voila qui plaire à Charles Gave, sic!). C'est pourquoi nous proposons une élection au suffrage universel d'un Président de l'Europe capable de rendre les institutions plus efficaces et de faire entendre la voix de l'Union partout où nos intérêts sont en jeu. NDLR :Comment demander l’Euthanasie de la démocratie en gardant un visage sans expression et au nom de parfaitement bonnes raisons. Ces gens là ont-ils au moins lu le moindre ouvrage sur la notion de NATION ? Quelqu’un pour prêter Auguste Comte ou Durkheim aux instances ? Qui peut nier qu'un président élu par tous les Européens ne pourrait dialoguer d'égal à égal avec le Président russe? Qui peut douter qu'un président élu ne défendrait pas mieux nos intérêts dans les négociations du commerce mondial? Faire porter à l'Europe nos propres erreurs c'est se tromper de colère et ne pas voir que d'autres pays comme l'Allemagne réussissent en matière d'emploi dans la même Europe et avec la même monnaie que nous. NDLR:Très, très beau moment. L’Allemagne a la même monnaie que nous. J’aurai tendance à dire qu’on a la même monnaie qu’eux au regard de l’histoire de l’Euro mais on ne va pas chipoter… Qu’est ce que la monnaie pour un politique, je vous le demande…  Nous sommes des patriotes européens car nous savons combien la paix est un legs précieux à l'heure où, partout, les nationalismes se réveillent. (vous reprendre bien un peu de mythification autour de la paix séculaire avant de rentrer ?)Dans cette élection nous sommes les plus déterminés car nous croyons que le drapeau européen ne peut pas être abandonné tant l'Europe fait partie de l'histoire de France…."  NDLR:J’espère que chacun aura retenu donc que l’Allemagne a « la même monnaie que nous » et que « oui, mes frères, partez heureux, «  l’Europe fait partie de l’histoire de la France ». Enfin, depuis 30 ans mais on ne va pas chipoter pour une quinzaine de siècle, après tout qui se souvient du vase de Soissons. Je dépose les armes devant Clovis. ****** Alors, je sais que l’art est difficile et la critique aisée, mais j’aimerai rappeler que la France souterraine, ce « pays réel » dont parlait Auguste Comte, (et dont je promets d’envoyer un exemplaire gratuit à mes frais au 10 premiers militants titulaires de la carte UDI sur simple demande tant cela relève de la non assistance à personne en danger à ce stade) repose sur l’émergence d’un sentiment d’appartenance. Le conformisme logique est ce qui assure la solidité du vivre ensemble. Comprendre et analyser avant de vouloir calquer un empirisme organisateur. Ce qui était vrai d’une nation est aussi vrai d’un ensemble de nations.On ne saurait décréter la volonté de vivre ensemble de même qu’on ne saurait décréter l’amour. Et on ne saurait faire l’économie d’une pensée sous couvert d’un utilitarisme dogmatique.Si l’Europe doit être, il lui faut convaincre. Faute de quoi pour reprendre la citation de Milan Kundera, il est même à craindre qu’à trop vouloir forcer cette idée, on en arrive à son effondrement.     Quant aux penseurs à l’origine du manifeste de l’UDI, j’aimerai juste rappeler cette citation de Chateaubriand, qui je crois, tient debout toute seule :« L’ambition dont on n’ a pas les talents est criminelle ».           Emmanuelle Gave