L’écologie , une nouvelle Foi

Il y a quelques années, j’avais lu un article passionnant.

L’auteur, un sociologue spécialiste de la presse, mettait en lumière un fait extraordinaire : Depuis la chute du mur de Berlin, le nombre d’articles catastrophes dans la presse s’était accru de façon vertigineuse et pour lui la raison en était assez simple. L’un des rôles des journaux est en effet de maintenir le bon peuple dans la crainte constante que quelque chose de   désastreux est à la veille de se produire mais qu’heureusement, les élites qui nous gouvernent feront le nécessaire pour limiter les dégâts, à condition que les gens d’en bas les laissent travailler tranquillement.

Tant que les communistes au couteau entre les dents étaient la, ce n’était pas vraiment la peine de se fatiguer à créer des dangers imaginaires tant il y en avait un bien réel et bien sinistre.

Une fois le mur tombé, il fallait de toute urgence trouver quelque chose pour maintenir le peuple dans une obéissance de bon aloi.

Et dans ce registre, il faut dire que nos chers Oints du Seigneur ont fait très fort en découvrant que ce qui marchait le mieux pour foutre la trouille aux gens c’était l’écologie qu’ils ont réussi   à transformer en une nouvelle religion.

Quel est en effet le modus operandi de tout être qui veut vivre aux dépens des autres (voir à ce sujet Astérix : le Devin, de Goscinny et Uderzo)

·       D’abord, il faut convaincre les gogos qu’ils ont commis un énorme péché contre la divinité (dans ce cas précis, la déesse Terre, Gaia) et que celle-ci va se venger en exterminant les méchants pêcheurs.

·       Affolé, le gogo de service, commence à paniquer et demande s’il n’y a pas quelque chose qui pourrait être fait pour détourner le courroux de la divinité.

·       Il est tard, très tard, peut-être trop tard disent à ce moment-là les prêtres de la nouvelle religion, mais sans doute pourront-ils faire quelque chose si les nouveaux croyants procèdent à des sacrifices rituels tels que de grasses prébendes versées à nos nouveaux prêtres qui ont heureusement une ligne directe avec la Divinité et qui donc pourront intercéder en leur faveur. Seuls ceux qui auront vraiment craché au bassinet ont une chance d’être pardonnés, et chacun comprend le mérite de cette position.

·       Ce qui permettra aux enfants et petits-enfants des Oints du du Seigneur de s’installer dans une aisance heureuse et une prospérité de bon aloi

Et l’on voit se remettre en place le vieux mécanisme de manipulation de l’opinion d’une classe qui n’a pas envie de travailler mais qui réussit à convaincre une partie de la population qu’elle a commis un gros péché contre les dieux, ce qui est impardonnable. .. Cependant, les nouveaux ODS (à ne pas confondre avec les nouveaux philosophes, bien qu’ils s’agissent souvent des mêmes), par pure bonté d’âme peuvent intercéder aupres des dieux, à condition que des sommes importantes leur soient transférées, ce qui atténuera ou empêchera l’inévitable châtiment.

Ce qui m’amène à l’Ecologie aujourd’hui.

Dans le film Uranus, tiré d’une pièce de Marcel Aymé, le cafetier du village, joué par Gerard Depardieu, prononce cette phrase admirable : « Monsieur ! Je suis cafetier, socialiste et franc-maçon, c’est vous dire si j’en ai entendu des conneries dans ma vie ! »  

Et j’ai envie de la paraphraser en disant : « Monsieur ! J’ai 75 ans, je suis économiste, libéral, et Catholique c’est vous dire si j’en ai entendu des conneries dans ma vie »

Je m’explique

Tout cela a commencé au début des années 70 avec quelque chose qui s’appelait le Club de Rome et qui fut fondé par …David Rockefeller, également fondateur du groupe Bilderberg et de la Trilatérale.

Chacun comprend la stratégie de ce grand homme. Dans le fond, la démocratie est une mauvaise idée, nous avons besoin d’un gouvernement mondial ou le pouvoir appartiendra à ceux qui savent et qui se réuniront en secret (Bilderberg et Trilatérale), mais il faut aussi foutre la trouille au petit peuple pour qu’il reste tranquille, d’où le Club de Rome.

Au début, le Club de Rome part sur une mauvaise piste, déjà popularisée par Malthus : la croissance économique-infinie- est incompatible avec les ressources de la planète qui sont bien entendu finies. Et de nous expliquer qu’en 1990, il n’y aura plus de pétrole et que la moitie de la population indienne allait mourir de faim avant la fin du XX -ème siècle.

Pas de chance, le monde consommait à l’époque 60 millions de barils de pétrole avec des réserves d’une quinzaine d’années, et aujourd’hui, nous consommons 100 millions de barils par jour avec des réserves de 25 ans. Quant à l’Inde, elle exporte des céréales… A l’évidence ces gens-là ont dit des bêtises et l’ennui est que ces bêtises ont été prouvées comme étant fausses.

Il fallait trouver autre chose.

Et l’idée de génie fut de faire intervenir non plus des économistes dont chacun connait la capacite à prévoir l’avenir mais des scientifiques, car la SCIENCE, cela ne se discute pas.

Et donc fut inventé le réchauffement atmosphérique créé par l’activité humaine. Et bien entendu, ce problème ne peut pas être réglé par chaque Nation mais réclame, comme chacun l’a déjà deviné un…gouvernement mondial.

Ben voyons….

Venons-en aux faits, et cela fait quarante ans que je lis sur le sujet.

Premier problème : La mesure de la température. Déjà, nos scientifiques intègres se sont fait prendre à plusieurs reprises maquillant les données de température (scandale du hockey stick au Canada, scandale des pressions amicales sur les universitaires en Grande-Bretagne) pour « prouver » l’augmentation des températures. Et pourquoi ces maquillages ? Pour continuer à percevoir leurs subventions étatiques, tant il est vrai que les seuls à toucher ces subventions sont les « scientifiques » qui cherchent à prouver l’augmentation des températures, les autres étant interdits de publication et d’enseignement, bien entendu.  

Mais je suis bon prince, je veux bien admettre que la température a augmenté depuis quelques décennies.

L’embêtant est que ce n’est pas la première fois dans l’histoire. Ainsi, au XII -ème siècle, on cultivait la vigne au Groenland (=terre verte, aujourd’hui couverte de glaciers) et que toutes les périodes de réchauffement dans l’histoire ont été des moments où les civilisations les plus belles ont prospérées…Apres tout, peut -être la hausse des températures est-elle une bonne nouvelle ?

Pas du tout, cela ne peut être qu’une mauvaise nouvelle et nous allons tous mourir de faim et de soif et ceux qui dient le contraire sont les memes que ceux qui nient l’existence des camps nazis, argument imparable pour emepcher toute discussion.

Mais il y a peut-être une explication naturelle à cette hausse ? Serait-il possible que le réchauffement actuel n’ait rien à voir avec l’activité humaine et que nous soyons simplement en face d’un phénomène naturel ?

Que nenni, homme de peu de Foi, me disent alors mes scientifiques : nous avons bâti des « modèles mathématiques » qui nous permettent d’être surs de ce que nous affirmons Et là, je ne peux pas m’empêcher de sourire finement.

En tant qu’économiste, j’ai construit des modèles toute ma vie dont certains ont fonctionné (jusqu’au moment où ils ne fonctionnaient plus). Mais tous mes modèles avaient une caractéristique essentielle : ils m’aidaient à comprendre le PASSE. 

Et ce qui est amusant c’est que la quasi-totalité des modèles du climat que j’ai vu sont complètement incapables d’expliquer le passé. Ils vous disent ce qui va se passer dans cent ans mais sont totalement inutiles pour expliquer ce qui s’est passé dans les 10 dernières années et sont tout autant inaptes a prevoir ce qui va se passer dans les 10  ans qui viennent…

Et pourquoi ? J’ai compris la raison de ce désastre scientifique en lisant il y a quelques années un livre écrit par le patron du service de la climatologie a la NASA.

 D’après ce livre, la plus forte influence sur le climat est exercée par les nuages (l’eau en suspension dans l’atmosphère), qu’il y a des centaines de formes de nuages et que personne n’a la moindre idée de la façon dont tous ces nuages se créent et interfèrent les uns avec les autres, personne.  Il n’y donc aucune façon de modéliser ces interactions. Par exemple, une augmentation des nuages liées au réchauffement pourrait tout à fait faire baisser la température, ou la faire monter, personne n’en sait rien.

Et donc les modèles de nos nouveaux Lyssenko ne prennent pas en compte la seule chose qui ait de l’importance… 

Dans le fond, nos scientifiques s’évertuent a prévoir quelque chose qu’ils ne comprennent pas et leur grande crainte est qu’un jour le monde entier ne s’aperçoive que le Roi est nu.

Je continue à être bon prince : Admettons qu’il y ait un réchauffement atmosphérique et acceptons qu’il soit causé par les activités humaines qui dégageraient trop de CO2. Que faut-il faire d’après eux ?  

Reponse:Il faut réduire de toute urgence les émissions de gaz carbonique, nous disent les nouveaux clercs en arrêtant de bruler des combustibles fossiles, ce qui revient à interdire tout développement aux pays émergents et donc maintenir dans la misère des milliards de gens, ou alors, et c’est ce que préconisait le Traité de Paris, forcer les Etats- Unis et tous les autres pays développés à en émettre beaucoup moins, ce qui implique une chute profonde des niveaux de vies chez nous. Et qui distribuera les tickets de rationnement :Nos Oints du Seigneur bien sur  

A la suite de ces mesures de salubrité publique, seuls nos Oints du Seigneur auront donc le droit de prendre des voitures qui les amèneront à leurs avions pour les transporter vers leurs conférences internationales.

Quant à nous, nous irons pieds nus dans des sandales, couverts de robes de bure en faisant la queue pour acheter de maigres portions de viande (toutes les vaches ayant été tuées puisqu’une grosse partie du C02 émis le serait par les pets des vaches), en espérant trouver de la place dans des transports publics a pédales, ce qui sera tes bon pour notre cœur.

Voilà qui rappellerait fâcheusement l’URSS, dont les anciens partisans se sont reconvertis dans la nouvelle religion au point que la plaisanterie court que les écologistes sont au fond comme les pastèques, verts à l’extérieur et rouges à l’intérieur.

Soyons sérieux. Comme l’avait dit le ministre du pétrole Saoudien des années 70, le Cheik Yamani : « l’âge de pierre ne s’est pas terminé a cause d’un manque de cailloux »

Tout le monde est favorable à l’arrêt de la pollution d’où qu’elle vienne, mais une fois de plus la solution ne viendra pas de l’Etat ou de la force publique, mais d’une invention faite dans une cuisine par un quelconque farfelu qui trouvera une façon rentable de stocker l’électricité. Ce jour-là, le pétrole et le charbon resteront et pour toujours soigneusement enfouis dans les entrailles de la terre, le Moyen Orient n’intéressera plus personne, les voitures ne feront plus de bruit et je peux assurer le lecteur que nous n’en sommes pas très loin.

A ce moment-là, et pour ceux qui veulent acheter de l’immobilier, je recommanderai aux lecteurs d’acheter des appartements au premier étage des immeubles situés sur les rues les plus passantes puisqu’il n’y aura plus ni bruit ni pollution.

Et plus personne ne parlera du réchauffement atmosphérique.


Vers un monde de ruptures

Je suis bien embêté et le responsable est monsieur Trump. Je m’explique.

Theodore Roosevelt, le Président US qui me rappelle le plus Donald Trump avait coutume de dire que la diplomatie était chose facile : il fallait parler doucement et se balader avec une grosse massue. Monsieur Trump, quant à lui parle très fort et distribue des coups de massue à droite et à gauche avec beaucoup d’abandon. A l’évidence, il veut foutre en l’air le cauchemar globaliste de Georges Soros et chacun peut voir qu’il y prend un grand plaisir

Nous sommes en effet en train de changer de monde : jusqu’à monsieur Trump, nous vivions sur la croyance que les USA était une sorte de gentil « Hégémon » dont le rôle principal était de maintenir leur prééminence « diplomatique et culturelle » en acceptant de passer et de respecter des accords de coopération économique qui pouvaient parfois leur être défavorables mais le mythe restait que ce qui était bon pour la globalisation était bon « in fine » pour les USA.Avec le nouveau Président, tout cela est fini. Ses slogans « America first » ou « Make America great again” l’annoncent crûment.Le but de la nouvelle administration est de transformer l’ordre mondial pour qu’à nouveau, il soit d’abord favorable à l’économie américaine et donc aux entreprises qui produisent aux USA, car il n’a guère de sympathie pour les « multinationales ». Et il a décidé à l’évidence de se servir de toutes les armes dont les USA disposent, à l’exception peut-être des forces armées, ce qui est déjà un gros progrès sur ses prédécesseurs. Que le lecteur en juge en gardant en mémoire que le Président Trump a un but et un seul : faire monter la rentabilité des entreprises produisant sur le sol américain.

Par exemple :

  • Le fameux Traité de Paris (qui n’en était pas un puisqu’il n’avait pas été entériné par le Senat des Etats-Unis) imposait des obligations gigantesques aux Etats-Unis mais aucune à la Chine et à l’Inde, il en sort. Monsieur Erdogan met en prison un pasteur américain et ne veut pas le libérer ? Fort bien, la Turquie n’aura plus accès au dollar et du coup s’effondre économiquement. Le Président Obama avait signé un accord complètement idiot avec l’Iran? Il l’annule et fait savoir que tous ceux qui commerceront avec ce pays ne commerceront plus avec les USA, et l’Europe de se coucher, en glapissant beaucoup cependant. Le principe est toujours le même : ou vous obéissez, ou le marché américain et l’accès au dollar vous sont fermés. Si quelqu’un a besoin de l’aide de USA, il doit donc venir la casquette à la main faire allégeance publique au suzerain et son cas sera-peut-être examiné avec bienveillance.
  • Dans cet esprit, l’accès au dollar est rendu de plus en plus en plus difficile et des garanties juridiques doivent être donnée par tous ceux qui se servent du dollar telles qu’une acceptation totale de la prééminence du droit Américain sur tout autre droit dès que le dollar est utilisé. Ainsi, les accords de paiement internationaux qui passent tous par Swift (le système de paiement international de droit Belge) est forcé de suivre les diktats de Washington puisqu’une grosse partie des paiements ont lieu en dollar. Et donc, ou vous obéissez, ou vous ne faites plus de commerce international, voilà qui est simple.
  • La protection militaire que les USA offraient à titre gratuit à nombre de pays, en particulier en Europe va soit cesser, soit devenir payante. Pour la protection de l’Europe, monsieur Trump aurait demandé à la chancelière allemande environ $ 300 milliards par an de « tribut » …elle aurait répondu que l’on ne discutait pas d’argent entre amis, ce à quoi le Président US aurait rétorqué qu’elle n’était pas son amie…Ambiance…
  • Depuis des lustres, les USA vivent au-dessus de leurs moyens grâce au fameux privilège impérial qui leur permettait de payer leurs importations en donnant des billets verts plutôt qu’en donnant des marchandises, ce qui permettait à toute une série de pays du type de l’Allemagne de rester mercantilistes, en vivant en dessous de leurs moyens. Ce qui contribuait à la désindustrialisation des Etats-Unis.Trump leur fait savoir que s’ils ont besoin d’une demande pour acheter leurs produits, ils n’ont qu’à la créer eux-mêmes et qu’à partir de maintenant la demande américaine sera servie par des sociétés produisant aux USA, et voilà tout. Ce qui veut dire que les pays mercantilistes du style de l’Allemagne sont mal partis et vont devoir faire face à une forte baisse de la rentabilité de leurs sociétés, sauf bien entendu s’ils bâtissent à toute allure des usines aux USA.

Comme le lecteur peut s’en rendre compte, tout cela n’a rien à voir avec la « globalisation heureuse » de ce cher Attali. Le « parrain » est de retour et impose sa loi, sans considération aucune pour les états d’âme de ses vassaux. On est passé de tout ce qui est bon pour la globalisation est bon pour les Etats-Unis à : Les USA vont mettre en œuvre ce qui est bon pour les USA et tant pis pour le reste du monde. Voilà qui a le mérite d’être clair.Je ne dis pas : « c’est bien ou c’est mal ». Je dis simplement « telle est la nouvelle réalité ». Inutile de dire que les hommes de Davos sont ivres de rage…Mais du coup, cela rappelle à tout un nombre de pays qu’il existe une réalité essentielle en sciences politiques qui s’appelle la « Souveraineté ». (C’est la notion que le Président Macron déteste entre toutes. Ceux qui la soutiennent, d’après lui, sont atteints de « la lèpre » et « veulent la guerre ».  Pauvre homme qui a l’évidence est totalement dépassé).

« Les Nations n’ont pas d’amis, elles n’ont que des intérêts » disait de Gaulle.Et du coup, un certain nombre de dirigeants qui ont cru aux promesses des Oints du Seigneur se retrouvent sans armée, sans indépendance financière, monétaire ou économique, ayant vendu leur droit d’ainesse pour un plat de lentilles.

Et donc le monde va se scinder en trois parties dont les formes se dessinent déjà

  1. L’Hégémon et ses vassaux.
  2. Les pays qui ont préservé une certaine souveraineté et qui vont s’organiser entre eux, Chine, Russie, Asie du Nord et du Sud Est.
  3. L’Europe de l’Euro qui n’a plus ni armée ni indépendance économique et financière ni même une volonté d’exister et qui ne peut pas répondre au nouveau défi, empêtrée qu’elle est dans l’Euro (Je m’explique plus bas).

Commençons par les USA : je n’ai pas le moindre doute que si les Républicains l’emportent aux élections de Novembre, alors le durcissement américain augmentera de façon très forte et très violente.

Venons-en à l’Asie. Pour moi, il est évident que la Chine a vu le coup arriver et s’est préparée en conséquence. Ce que va faire la Chine est assez simple : elle va laisser fluctuer sa monnaie vis-à-vis du dollar tout en la faisant monter vis-à-vis des autres monnaies asiatiques. Le but de cette manœuvre est tout simple : elle dit aux pays d’Asie : ‘ » ça va devenir difficile de vendre aux USA, et donc venez vendre chez moi ».

En même temps elle va dire à l’Australie (charbon) à la Russie et à l’Iran (pétrole) : cessez de vendre vos matières premières en dollars, qui peuvent être bloqués par les Etats-Unis à tout moment si vous leur déplaisez et vendez-les-moi en Yuan, la monnaie Chinoise. Et si du coup vous avez trop de Yuan, je vous les change contre de l’or par l’intermédiaire des marchés de Hong-Kong que j’ai organisé pour cela.Et d’ailleurs, si vous avez besoin de prêts pour développer vos infrastructures, il vous suffira de demander et on s’occupera de tout.Déjà, les monnaies asiatiques suivent comme leurs ombres la monnaie chinoise, et ce depuis 2009, et le marché obligataire chinois a été ouvert aux étrangers, ce qui permettra d’investir les excédents d’épargne de ces pays tout en se constituant des réserves de change dans la monnaie du pays dominant dans leur zone.

Passons à l’Europe. Logiquement, c’est le moment ou les allemands devraient massivement re-évaluer leur monnaie (ils ont des excédents de leur commerce extérieur équivalents à 9 % de leur PIB ce qui est insensé). Ce faisant, ils rendraient à nouveau compétitifs les appareils industriels français, italiens, belges ou espagnols tout en favorisant leurs propres consommateurs, ce qui permettrait à ces pays de redevenir indépendants et souverains vis-à-vis des USA et donc de contrer monsieur Trump. Bien entendu, rien de tout cela ne peut se produire puisque nous avons l’Euro et donc l’Allemagne ne peut réévaluer.

 

Mais alors, peut-être l’Euro dans son ensemble devrait-il dévaluer pour sauver les économies du Sud ?  Impossible, puisque cela serait une vraie déclaration de guerre de la part de l’Allemagne aux USA, que les entreprises allemandes sont dépendantes de Swift et que l’armée allemande n’existe plus.La bonne nouvelle est qu’un certain de pays en Europe ne sont pas dans l’Euro et ont gardé leur souveraineté monétaire, je veux parler de la Grande- Bretagne, de la Suisse et de la Suède. Ces pays se sont déjà autorisés à dévaluer leurs monnaies, préservant ainsi leur compétitivité industrielle, ce qui ne fera qu’accélérer la chute des pays du Sud et l’effondrement de leurs économies, puisque en plus d’être non compétitives vis-à-vis de l’Allemagne et des pays asiatiques, ces pays vont se retrouver non compétitifs également contre la Suède, la Suisse et la Grande-Bretagne. …

Et encore bravo aux concepteurs de l’Euro.

Terminons avec les perspectives financières qui ne seront que le résultat de ces mouvements qui semblent inarrêtables, sauf si le Président US souffrait d’une défaite importante lors des élections de Novembre de la part des mondialistes, ce que je crois peu probable.

Voici les grandes lignes autour desquelles pourraient s’organiser un portefeuille

  • Les risques de rupture en Europe sont en train de s’aggraver de façon évidentes (Cf Turquie et Italie), ce qui veut dire qu’il ne faut avoir aucune obligation dans la zone Euro qui sera le centre du maelstrom. Cette part obligataire doit être remplacée par du cash en dollars, en Yen, en livre sterling et en couronne Suédoise. Elle devrait représenter environ 1/3 du portefeuille, ce qui fournira le capital nécessaire lorsqu’il faudra racheter en Europe après ou pendant la crise
  • Cinquante pour cent des positions devraient être en Asie, une moitié en obligations du gouvernement Chinois et l’autre moitié dans un indice représentant les actions en Asie et cet indice devra comprendre le Japon.
  • Le reste sera en cash en dollar ou en obligations très courtes du gouvernement US.

Il s’agit la d’un portefeuille extraordinairement défensif, sans doute aucun le plus défensif que j’ai recommandé depuis le début de ces chroniques

Pour conclure : Pour être parfaitement honnête, les actions du Président Trump m’ont surprises par leur violence et il me semble évident qu’il est déterminé à rétablir un ordre mondial qui soit beaucoup moins favorable à Wall-Street et beaucoup plus favorable aux petites gens aux USA. Si les élections lui sont favorables en Novembre, les pressions vont s’accentuer Cela ne peut pas ne pas engendre une casse considérable et le coup est parti.

Aux abris donc…Trump veut se payer les hommes de Davos et ça va faire mal.


Nouvelles (brèves) du front

Et bravo !

L’équipe de France de football est championne du monde.

Une fois de plus, chacun peut voir que travailler dur, se sacrifier pour l’équipe, avoir un patron qui sait où il veut aller et comment il faut il y aller, prendre des risques… amène à de merveilleux résultats

Voilà qui va me permettre de passer de bonnes vacances.

 

Car comme chaque année depuis les débuts de l’IDL, rien ne sera publié entre maintenant et le premier Lundi du Mois de Septembre. Je suis sous mes platanes, assourdi par le chant des cigales et cela empêche de réfléchir comme chacun le sait.

Il est possible qu’une absorption un peu trop élevée de Châteauneuf du Pape freine la réflexion mais je n’en crois rien. Comme le chef d’Astérix, je pense en effet que de bons produits ne peuvent pas faire de malMais avant de ranger mon encrier et ma plume, je veux indiquer aux lecteurs comment nous allons employer notre temps à partir de cet automne.

Pour casser le permafrost qui bloque toute information de qualité dans notre vieux pays, nous avons d’abord créé l’IDL qui a su se trouver un certain public.

Hélas, notre monde est devenu visuel et il faut vivre avec son temps…

Et donc, j’ai accepté de passer sur le petit écran le plus souvent possible.

Certainement pas sur les chaines « officielles » ou le blocage apparait très bien organisé, mais grâce aux chaines « artisanales » disponibles sur le Web.

Certains passages auraient été vus par plus de 3 millions de personnes…

Que chacun de ceux qui m’ont accueilli en soit remercié. (Notre ami Mickaël).Il est d’ailleurs possible que nous essayions, à brève échéance, de créer notre propre chaine qui pourrait s’appeler  “Economiquement incorrect” ou nous essaierons de démonter tous les mensonges dont les défenseurs de l’économie officielle nous abreuvent.

Dans ma vie professionnelle (Gavekal Research), je vais lancer cet automne un système de recherche sur les marchés financiers qui va regrouper mon expérience d’économiste, l’intelligence artificielle et l’étude des comportements.Les résultats sont très intéressants et j’attends avec une grande curiosité la réaction de nos clients

Et enfin, comme je me sens un peu désœuvré, j’ai accepté de prendre la vice-présidence du Biarritz olympique avec nos courageux amis, Jean-Baptiste Aldigé, Matt Clarkin et Jack Isaac.Et aussi des membres de l’Idl (Jean -Jacques Netter et Emmanuelle siégeant au conseil), le club étant géré par mon fils Louis.

Et pourquoi donc ?

Parce que la France ne s’en sortira qu’en revenant aux valeurs du sport en général et du Rugby en particulier. Le Rugby est ce qui se rapproche le plus de la guerre : celui qui porte le ballon (le drapeau) est devant toute son équipe et tous sont prêts à se sacrifier pour que ce porteur puisse rentrer en “terre promise” comme le disait Roger Couderc

Le BO est l’un des plus vieux et des plus titrés clubs de France et d’Europe. Le laisser mourir eut été criminel, un peu comme de laisser la Cathédrale de Chartres à l’abandon.Et donc, nous avons décidé de nous porter à son secours et cela risque de nous ne prendre pas mal de temps. Peut-être vais-je demander aux lecteurs de l’IDL de nous soutenir dans ces efforts. Nous sommes au début d’une aventure qui va durer des années, et nous comptons sur tout le soutien du pays basque, terre d’hommes forts s’il en fut.

Pour un homme de 75 ans, tout cela ne me parait pas très raisonnable, mais la Bible, encore elle, dit qu’entre zéro et vingt ans, un homme doit apprendre, de vingt à soixante ans, il doit produire, et après, il doit rendre, c’est-à-dire aider.

Je ne fais que ce que je dois faire, ce qui prouve que je suis libre et je remercie tous les jours de pouvoir le faire.

 

 

PS: Dédicace spéciale, “tongue in cheek” à notre jeune et fougueux président…


Un livre à avoir sur le dernier étage de sa bibliothèque…

 

Je vais recevoir le Père Sirico le 6 Septembre à Paris pour la sortie de son livre.  Le lieu n’est pas encore fixé et dépendra pour beaucoup du nombre de ceux qui voudraient assister à cette réunion. Il nous serait donc très utile que ceux parmi nos lecteurs qui seraient intéressés par cette rencontre nous le fassent savoir par l’intermédiaire du site en nous répondant directement.( Institutdeslibertes@gmail.com)

Il est d’usage de parler des « religions du livre » qui seraient organisées chacune autour d’UN livre, la Bible pour les Juifs, les Evangiles (et la Bible) pour les Chrétiens et enfin le Coran pour les Musulmans. C’est une classification qui parait logique, et pourtant je ne la trouve pas satisfaisante. Il est vrai que les religions Juives et Musulmanes sont organisées autour d’un ouvrage écrit, et donc d’un livre que les fidèles cherchent à comprendre et dont ils essaient de suivre les principes du mieux qu’ils le peuvent.

Ce n’est pas du tout le cas pour les Chrétiens.

Les Evangiles ne sont pas vraiment un livre mais la rencontre d’un certain nombre d’individus que rien ne destinait à changer l’histoire de l’humanité et d’un homme à la parole de feu, Jésus de Nazareth. C’est en fait l’histoire d’une personne qui est venue sur terre et qui regarde chacun d’entre nous, individuellement, comme personne ne l’avait fait avant lui et comme personne ne l’a fait depuis.

L’extraordinaire dans cette histoire ?

Deux mille ans après, ce regard n’a pas baissé d’intensité, ces paroles n’ont rien perdu de leur virulence. Siècle après siècle, des hommes, des femmes, des enfants sont saisis par ce regard, bouleversés par ces paroles, et se mettent à « suivre » cet homme (Viens et suis moi…) et consacrent leurs vies à suivre cet homme qui vivait il y a 2000 ans…

Et ce qu’ils suivent, ce n’est pas une idéologie, ce n’est pas une Loi, c’est un homme qu’ils aiment avec passion, comme Pierre qui se jette à l’eau pour retrouver son Seigneur. Les Evangiles, et ensuite toute l’histoire des grands saints nous racontent à chaque fois une série d’histoires d’amour entre le Christ et …une personne et une seule, à chaque fois.

Les Evangiles ne sont donc pas un livre mais une rencontre avec UNE personne, à la fois exigeante et remplie de compassion pour nos faiblesses mais qui ne précise jamais ce qu’elle attend de nous !

Le Christ n’a jamais rien écrit, si ce n’est dans la poussière quand on lui a amené la femme adultère, ce qui est sans doute un signe que la solution n’est jamais dans les écrits de quelqu’un d’autre et que nous devons régler nos problèmes en regardant en nous-mêmes.

De quoi devenir fou, ou saint, ou les deux à la fois d’ailleurs…

Car quand on aime, on ne peut jamais assez donner assez à celui que l’on aime.

« Celui qui n’a pas tout donné n’a rien donné … »

Mais qu’est ce que tout ?

L’essence de la religion Chrétienne n’est ni de demander l’adhésion mécanique à une règle et encore moins d’adorer son maitre comme le fait un chien : c’est l’exercice plein et entier du libre arbitre.

Car, comme nous le savons depuis, l’amour ne se conçoit que libre.

Dieu veut être aimé par chacun d’entre nous librement.

Et la Liberté, comme l’a dit Jean-Paul II dans l’une de ses encycliques, c’est de pouvoir et de vouloir faire ce que l’on doit faire.

Où l’on retrouve les trois notions essentielles sur lesquelles toute la civilisation occidentale est bâtie : La liberté individuelle, la volonté de choisir son destin et enfin le sens du devoir

Ce qui nous amène au Père Siroco.

Il est né en 1951 dans une famille Italienne de Brooklyn et le moins que l’on puisse dire est que pendant la première partie de sa vie, il a mené une vie de « bâton de chaise ».

Les USA, à l’époque, rentraient dans une crise à la fois politique, morale et spirituelle d’une grande ampleur dont ils ne sont pas encore sortis d’ailleurs.

Et notre homme s’engagea avec force dans cette période, car ce n’est pas un tiède.

Proche des hippies, ami de Jeanne Fonda et de Tom Hayden, homosexuel, il fût de tous les combats. Déjà taraudé par l’appel de Dieu, il devint pasteur et fût l’un des tous premiers à célébrer des mariages où deux homosexuels s’unissaient…

Ensuite, il a dit que ces expériences lui avaient permis de mieux comprendre la nature humaine dans toute sa complexité. Quelque part, il avait quarante ans d’avance sur bien des mouvements sociaux actuels…

A la fin des années 70 et au début des années 80, il se lia d’amitié avec les représentants le plus éminents de la droite intellectuelle et conservatrice américaine (Robert Novak, Charles Murray, Irving Kristol, Charles Krauthamer…)

Il reprit alors ses études aux USA et en Grande-Bretagne pour être ordonné prêtre en 1989.

En 1990, il fonda l’Institut Acton, du nom de l’aristocrate et homme politique anglais, auteur de la fameuse formule « Tout pouvoir corrompt, un pouvoir absolu corrompt absolument. La plupart des soi-disant grands hommes sont en fait des criminels »

Il a expliqué de façon fort claire quel était le but de ce nouvel institut.

« Tout vient de ma frustration quand j’étais au séminaire…

 Entendre prêcher des sermons qui encore et toujours insultaient les hommes d’affaires que je connaissais m’était insupportable.

Je savais qu’il s’agissait d’une profonde erreur à la fois d’un point de vue théologique mais aussi de la pastorale.

Théologiquement parce que le socialisme nous avait conduit à une faillite morale totale, mais aussi parce que cela éloignait de l’Eglise toute une série d’hommes de bonne volonté qui voulaient apporter leurs contributions à la construction de la Cité de Dieu. «

Et le but du nouvel institut était de reconcilier l’Eglise Catholique avec l’économie de marché, c’est-à-dire avec une économie fondée sur les trois principes que Jean-Paul II a mis en lumière plus tard. Certains ont même dit que l’encyclique « Centesimus annus » , signée par Jean-Paul II, fut fort inspirée dans sa partie consacrée  à l’économie par les thèses du père Sirico

Chacun, et dans tous les domaines doit pouvoir et vouloir faire ce qu’il doit faire …Et la seule économie qui permet cela, c’est bien entendu une économie de marché, fondé sur la responsabilité de chacun.

Comme le disait Tocqueville, : « La Liberté n’existe pas sans la morale et la morale sans Foi «

Si l’on pouvait résumer en une phrase le but de l’Institut, il faudrait utiliser le proverbe chinois :

« Donnez à un homme un poisson, et il mangera pendant une journée. Apprenez-lui a pécher, et il pourra nourrir toute une famille pendant toute sa vie »

Philosophiquement, le père Sirico pense qu’il ne faut pas donner aux gens l’habitude d’être aidés sans contrepartie, mais qu’il faut leur permettre de devenir indépendants, c’est-à-dire libres, et donc que tout passe par l’éducation des plus défavorisés pour que chacun d’entre nous puisse être libre.

Et l’Institut Acton a été un immense succès.

Je ne saurai trop recommander au lecteur qui lit l’Anglais sans difficulté d’aller explorer leur site à l’adresse suivante : https://acton.org/

Publications, séminaires, formations à destination des religieux ou des laïcs, vidéos, s’enchainent et sont mis à la disposition de tous ceux qui ne peuvent se déplacer pour aller dans le Michigan, à Rome, où une université « Acton « a été créée.

Des milliers de prêtres, d’évêques, de laïcs sont passés par ces universités qui ont changé leur vision du monde.

Pendant ce temps, le Père Sirico sillonne les cinq continents pour porter la bonne parole…

Pour ceux qui voudraient mieux comprendre la personnalité et les idées du Père Sirico, ils peuvent aller sur son site personnel à cette adresse[M1]  :http://www.robertsirico.com/

Malgré l’incroyable succès de son Institut, le père Sirico a tenu à demeurer le curé de la paroisse où il avait été nommé après son ordination. Il reste le pasteur de son troupeau…

Venons-en à son dernier livre dont j’ai l’honneur de préfacer la traduction française :

Catholique et Liberal.

Les raisons morales d’une économie libre »

Chez Salvator

Dans cet ouvrage, l’auteur explique pourquoi et comment une économie libre est toujours préférable à une économie de la contrainte et pourquoi une telle économie est la seule qui soit compatible avec les Evangiles.

Aussi curieux que cela paraisse, le raisonnement rejoint celui de l’un des grands philosophes américains, de la période moderne, John Rawls qui, réfléchissant sur les problèmes de justice sociale, soutenait qu’un système était juste si et seulement si, le sort des plus défavorisés s’améliorait au travers du temps.

Et pour arriver à ce résultat, et c’est là la contribution principale du père Sirico au débat, la meilleure solution est de donner « aux petits » les moyens de s’en sortir tous seuls, suivant en cela le précepte du Christ : « Tout ce que vous aurez fait pour les plus pauvres, vous l’aurez fait pour moi ».

Car en rendant leur liberté aux plus pauvres, on leur rend de ce fait leur dignité.

C’est ce que le Père Sirico montre en concluant que seul le capitalisme est moral. C’est en effet le seul système qui dans l’histoire soit arrivé à ce résultat, et toujours en s’appuyant sur la liberté individuelle aussi bien de celui qui aide que de celui qui est aidé, et jamais sur la contrainte.

De ce fait, le capitalisme est et reste le seul système qui soit conforme aux Evangiles alors que le socialisme et le collectivisme en sont l’antinomie.

Dans ces temps de relativisme moral et de confusion intellectuelle dans lesquels nous baignons, il me semble évident que tout chrétien d’abord, mais surtout tout citoyen ensuite devrait lire ce livre en se souvenant de la phrase prophétique de Jean-Paul II : «   N’ayez pas peur «

Et pour ne pas avoir peur, il faut savoir entendre la vérité.

Et la vérité ne peut pas être entremêlée « d’en même temps » contradictoires et superfétatoires, qui ne peuventt être que la marque d’un esprit confus et retors.

Car, comme l’a dit le Christ à qui le père Sirico a consacré sa vie : » Que votre oui soit un oui, que votre non soit un non. Tout le reste vient du Malin «

Et je peux assurer le lecteur que dans les écrits du père Sirico, le oui est un oui, et le non est un non. Ayant suivi celui qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » voila qui ne devrait surprendre personne. »

 

 

 

 


En route vers la Récession Mondiale de 2019.

 

Il y a deux semaines, j’ai développé devant les lecteurs de l’IDL le concept de base monétaire mondiale   qui n’est rien d’autre qu’une tentative de mesurer les quantités de dollars à l’intérieur et à l’extérieur des Etats-Unis pour déterminer s’il y avait plus d’idiots que d’argent ou plus d’argent que d’idiots.

Je renvoie à ce papier pour une explication du concept.

Comme je l’indiquais alors, la base monétaire mondiale, telle que je la mesure, est en baisse d’une année sur l’autre. Plus d’idiots que d’argent donc.

J’en tirais la conclusion que nous rentrions dans une période de crises financières, ce qui n’était qu’une constatation et non pas une explication.

Cette semaine je vais essayer de mettre en lumière les mécanismes qui nous font passer d’une contraction de la base monétaire à une crise financière et de là à une récession mondiale qui pourrait nous frapper en 2019.

Tout commence par une contraction du commerce international, conséquence de la baisse du nombre de dollars dans le monde puisqu’une grande partie du commerce mondial est en dollars, en particulier le pétrole.  « Pas d’argent, pas de Suisses… » disaient les rois de France autrefois.

 

Le commerce international va donc se viander dans les six mois qui viennent, ce qui dans le passé a toujours déclenché soit une récession dans la zone de l’OCDE, soit ailleurs, le meilleur exemple étant la grande crise asiatique/ russe de 1997-1998.

L’étape suivante est bien entendu une baisse des matières premières, ce qui est bien normal puisque le niveau d’activité est en train de plonger et que la demande de cuivre, d’acier, de coton etc. va donc baisser ou baisse déjà.

Et de là nous passons fort logiquement à une baisse des marchés financiers des pays fournissant les matières premières et qui dépendent de la croissance mondiale pour leurs exportations, je veux parler bien sur des pays émergents.

Et comme ces pays sont endettés, ceux qui leur ont prêté de l’argent, c’est-à-dire les banques, voient leur cours s’effondrer, ce qui parait bien normal.

Et comme tout cela se passe parce qu’il y a une pénurie mondiale de dollars, le cours du dollar monte (en fait les autres monnaies baissent).

 

Conclusion

Nous sommes en train d’entrer dans une crise de liquidités dollar tout à fait classique, la septième depuis 1973. J’en ai déjà traversé six dans ma carrière, c’est vous dire si je connais le scénario.

D’habitude, la seule solution est de se mettre en dollar cash et d’attendre que la poussière retombe.

Le pari que je fais dans ce cycle actuel est d’avoir une partie importante de mes actifs en monnaie chinoise tant je suis persuadé que la banque centrale locale (BOC) a vu arriver le coup et s’est fort bien préparée. Et cette confiance, je la reporte sur tous les pays qui ont des accords de swaps avec la BOC et la plupart d’entre eux sont en Asie.

Qui plus est, je suis à peu près certain que la zone Euro en général et l’Italie en particulier sont complètement incapables de supporter une autre récession et je veux être le plus loin possible géographiquement de cette dernière, tant la BCE n’a plus aucun outil pour traiter les problèmes qui vont se poser.

L’Asie est loin, très loin de l’Europe. En tout cas plus loin que les USA.

Notre seule chance serait que le cours du pétrole s’écroule dans les quelques semaines qui viennent puisque cette baisse « libèrerait » des dollars. Ou alors que la Fed se remette a imprimer des dollars, ce qui me parait peu probable tant que nous n’avons pas eu de crise financière

Et du coup le dollar monte, ce qui ne fait qu’aggraver la situation.

Je reste très inquiet.

Je plains monsieur Macron.

Gérer un pays quand on ne comprend rien à l’économie n’est pas facile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Dans la série : outils utiles, la courbe des taux

Les économistes ont une vieille habitude semblable à celle des médecins de Molière : Ils aiment faire croire au bon peuple qu’ils savent des choses profondes et pour le convaincre de cette vérité, ils emploient des mots compliqués, qui dans le meilleur des cas recouvrent des notions très simples mais dans la plupart du temps dissimulent simplement leur ignorance.

Je m‘explique, en prenant en exemple.

Je suis sûr que certains lecteurs de l’IDL ont dû voir dans la presse des allusions au fait que « la courbe des taux « aux USA était « en train de s’aplatir », et que cela « était une mauvaise nouvelle pour l’activité économique à venir aux USA ».

J’imagine que bon nombre d’entre eux ont dû se dire : « mais de quoi s’agit ‘il » ? De quoi est-on en train de parler ? Quelqu’un pourrait-il me traduire cette phrase en un langage compréhensible ?C’est ce que je vais essayer de faire dans la chronique de cette semaine.

Tout commence avec les taux d’intérêts qui relient deux concepts essentiels en économie :

-le temps et

– l’argent, réunis dans une phrase célèbre : le temps c’est de l’argent.

J’ai souvent expliqué dans le passé que le futur est inconnaissable (ce qui est une réalité) et que donc faire des prévisions était une imbécillité. Rien ne m’empêche de faire cependant de faire des estimations de probabilités et de prendre des décisions en conséquence.

Imaginons que j’ai 100 euro dans mon compte et que j’hésite entre les consommer et les épargner. Si je les consomme, ma satisfaction est immédiate et certaine. Si je les épargne, j’espère que je pourrai consommer plus dans le futur, mais pour cela il faut que celui qui me les emprunte me paye quelque chose puisque cette satisfaction future est incertaine. Il est donc normal que je sois compensé pour l’incertitude que je vais assumer. Ce quelque chose s’appelle les taux d’intérêts

  • Si les taux sont trop bas, je consomme tout de suite.
  • Par contre, si les taux d’intérêts deviennent suffisamment élevés, à un certain niveau je craque et je me dis que ne pas consommer tout de suite est une bonne idée.
  • Et logiquement plus je repousse ma consommation dans le futur et plus ces intérêts devraient être élevés puisque l’incertitude augmente avec le temps…

Et donc les intérêts à trois mois devraient être plus bas que ceux à un an et ceux à un an plus bas que ceux à 10 ans, eux-mêmes plus bas que ceux à trente ans

Et donc il existe un prix pour chaque espace de temps qui mesure la récompense à ne pas consommer pendant trois mois, un an, cinq ans, dix ans et jusqu’à trente ans.

Si je relie deux de ces prix en mettant en abscisse (X) le temps et en ordonnée (Y) les taux, j’ai ce que les économistes appellent une courbe des taux, et il est d’usage de comparer les taux courts (rendements sur les bons du trésor à trois mois) aux taux longs (rendements sur les obligations d’Etat à 10 ans).

Voici la courbe des taux aux USA depuis 1968 (10 ans moins trois mois), qui montre l’évolution de l’écart entre les rendements à 10 ans et trois mois sur les emprunts du trésor américain.

 

 

Comme le lecteur peut s’en rendre compte, voilà une courbe qui est tout sauf « stable ».

A certains moments, comme en 2010, les taux à 10 ans rapportent plus de 300 points de base (3 %) de plus que les taux à trois mois, ce qui parait très généreux.

A d’autres moments, comme en 1974, les taux à trois mois rapportent plus que les taux à 10 ans, ce qui parait être une incongruité.

Il est d’usage de dire à ces moments là que la courbe des taux est inversée et ces moments sont indiquées sur le graphique quand la ligne rouge passe sous la ligne verte.

Et le processus pendant lequel nous passons de +3 % d’écart entre les taux courts et les taux longs à zéro s’appelle un « aplatissement » de la courbe des taux qui, en général, se produit avant une inversion qui elle-même précède une récession.

Car, comme l’astucieux lecteur de l’IDL l’a certainement remarqué (tous les lecteurs de l’IDL sont astucieux), chaque fois que cela s’est produit depuis 1968, nous avons eu une récession aux USA quelques mois après (graphique hachurée de bas en haut en gris).

Et c’est pour cela que nos journalistes économiques et nos économistes parlent d’un aplatissement de la courbe des taux qui serait une « mauvaise nouvelle », puisqu’elle précède toujours une inversion, signe annonciateur d’une récession.

Mais le même lecteur, toujours aussi astucieux, remarquera une chose : Il s’agit là d’une constatation puisque cela a marché à chaque fois, mais en rien d’une explication.

On ne nous explique jamais pourquoi le fait que mon épargne à court terme soit plus rémunérée que mon épargne à long terme amène à chaque fois à une récession.

Et pourquoi ? Tout simplement parce que les économistes en question n’ont aucune explication rationnelle pour cet enchainement, pétris qu’ils sont de doxa keynésienne qui stipule que les récessions sont créées par un excèdent d’épargne, ce qui est une ânerie monumentale (et Keynésienne). « Feignons d’être les organisateurs de ces évènements qui nous dépassent » semble être la réaction générale de tous nos Diafoirus.

Et pourtant, l’explication a été fournie par un économiste Suédois Knut Wicksell, il y a plus de 100 ans, mais personne ne la retient car elle implique que la DOXA Keynésienne actuelle aurait tout faux.

Cette explication la voici.

  • Le taux à court terme est une approximation correcte du taux auquel les entreprises se financent.
  • Les taux à long terme donnent quant à eux une bonne idée du taux de croissance de l’économie vers qui convergent les taux de croissance des bénéfices des entreprises.
  • Tant que la croissance de mes bénéfices est supérieure au cout de mes emprunts, emprunter est raisonnable.
  • En revanche, emprunter à 3 % par an quand mes bénéfices stagnent requiert une certaine inconscience, voir incompétence.

Pour faire simple (et un peu faux), si la rentabilité du capital passe en dessous du coût du capital, il faut être idiot pour emprunter et c’est ce que nous dit Wicksell.

Mais aussi, cela veut dire que quand les taux courts deviennent trop élevés, les gens endettés font faillite et que le cycle bascule de la croissance à contraction.

Mais Wicksell explique donc à que moment dans le cycle, l’inversion a lieu : quand la rentabilité du capital passe en dessous du cout du capital.

Imaginez que pendant dix ans vous ayez pu acheter des actifs rapportant 2 % en empruntant à 1 % à la place d’acheter de nouvelles machines ou de bâtir de nouveaux immeubles.

Bien entendu, vous avez emprunté avec enthousiasme pour réaliser cette opération qui ne peut pas rater et vous vous sentez « riche », alors que la seule variable qui ait augmenté dans l’économie est la dette, et non pas la capacité de production.

La seule chose qui se soit passée est en effet que vous avez plus d’actifs et plus de dettes mais que le système est plus fragile à cause de cet endettement qui n ‘est fondée que sur une subvention aux emprunteurs donnée par la banque centrale.

Quelque temps après, imaginons que la banque centrale (qui contrôle les taux courts) fasse monter ces taux courts à 3% alors que vos actifs ne rapportent toujours que 2 %.

Vous voilà en cash-flow négatif, et vous devez virer immédiatement la moitié de votre personnel. Vous devez couper aussi tous vos investissements, vous essayez de vendre vos actifs en perte (à qui ?), l’économie et les marchés financiers s’écroulent parce que, bien entendu vous n’avez pas été le seul à vous livrer à ces acrobaties, et nous rentrons en récession.

Ce que nous dit Wicksell est simple : des taux trop bas amènent inéluctablement à une hausse de la valeur des actifs existants et à une explosion de l’endettement, qui eux-mêmes amènent à des recessions, à des dépressions et à des crises financières lorsque les taux reviennent à des prix de marché où vous et moi avons envie d’épargner à nouveau.

Des taux trop bas, en m’empêchant d’épargner, amènent nécessairement à un effondrement de l’investissement puisque sur le long terme l’épargne est égale à l’investissement. Ce qui monte quand les taux sont trop bas, ce n’est pas l’investissement, c’est l’endettement.

Que se passe t’il quand la bulle d’endettement implose ?

Eh bien, les taux longs ne montent pas, voir s’écroulent parce que la croissance du PIB va s’effondrer puisque que les faillites financières ont commencé.

D’où l’inversion.

Et donc, après chaque crise financière créée par un endettement excessif, les taux courts s’écroulent comme on l’a fort bien vu en 2009 ou en 2012

Des taux trop bas entrainent donc inéluctablement à une hausse de l’endettement, à un ralentissement de la croissance, à une baisse de la productivité, à un appauvrissement des pauvres, à un enrichissement des riches et enfin à une arrivée au pouvoir de démagogues comme la période actuelle le prouve amplement.

Et tout cela se termine dans une crise financière.

Ou en sommes-nous aujourd’hui ?

Le nouveau gouverneur de la banque centrale US a décidé de siffler la fin de la recréation, le système bancaire US étant redevenu sain. Du coup, la banque centrale américaine ramène lentement, très lentement, les taux courts US à des prix de marché, mieux vaut tard que jamais

En tant qu’épargnant, j’ai aujourd’hui le choix.

Ou je place mon épargne en obligations françaises à 0.78 % par an (youppie !) et je suis à peu près certain de perdre de l’argent en termes réels sur les 10 ans qui viennent, ou je me mets en bons du trésor US qui me rapportent à peu près 2 % (ce qui est au-dessus de l’inflation) et si je les remplace par des obligations à 10 ans US, j’ai une petite chance de gagner de l’argent si par hasard le dollar venait à monter et qu’il y ait une grave crise financière en Europe.

En fait, la courbe des taux, entre les taux courts américains et les taux longs français est donc déjà inversée. Tous ceux qui ont emprunté des dollars pour acheter des saloperies en France, en Italie, en Espagne, en Grèce, en Allemagne se retrouvent en cash-flow négatif sur ces opérations.

Voilà qui semble augurer de quelques difficultés

Et laissez-moi vous donner les dates des dernières inversions de cette courbe des taux d’une nature un peu spéciale : 1974, 1980-1982, 1989, 2000, 2007

J’engage le lecteur à vérifier ce que la bourse de Paris a fait après ces inversions.

 

 


La question fondamentale

LA question fondamentale

 

 

Comme me l’avait dit il y a bien longtemps l’un de mes mentors lorsque que j’ai commencé à réfléchir sur les marchés financiers :

 

 

« Charles, la seule question est de savoir s’il y a plus d’idiots que d’argent (les marchés baissent) ou plus d’argent que d’idiots (les marchés montent) ».

 

Le principe est simple et très juste, son application dans la réalité est, et reste, oh combien difficile, hélas.

 

Revenons un peu en arrière, au moment de la grande crise de l’Euro de 2011-2012.

La BCE, suivant en cela la Fed décide de jeter son bonnet par-dessus les moulins et se met à acheter des obligations d’état et cet exemple sera rapidement suivi par la banque du Japon. Et donc, de 2012 à 2017, nous avons eu beaucoup plus d’argent que d’idiots et les marchés en conséquence se sont fortement appréciés.

 

Changement de décor en 2017. La Fed annonce qu’elle va réduire la taille de son bilan, alors même que la BCE et la banque du Japon maintiennent leurs politiques « expansionnistes ». La quantité d’argent « dollar » va donc commencer à baisser et les optimistes (autre nom donné aux idiots) de me dire que cela n’est pas très important puisque la BCE et la BOJ vont continuer à imprimer à tout va. Voilà qui montre que ces optimistes ne comprennent pas qu’en ce qui concerne les monnaies, le dollar est plus égal que les autres puisque la monnaie des USA est aussi la monnaie qui sert aux financements internationaux.

Explication.

 

Le rôle d’une banque centrale est de gérer la « liquidité « de l’économie qu’elle a sous son contrôle.

Si elle veut la faire croitre, elle achète des obligations émises par son ou ses états (dans le cas de la BCE) qui seraient détenues par les banques commerciales et ce faisant elle fait baisser les taux et fait monter un agrégat monétaire qui s’appelle la base monétaire. Que le lecteur imagine que cette base est la pointe de la pyramide du crédit dans un pays. Si la pointe s’accroit, l’ensemble de la pyramide devrait suivre. Et le contraire est vrai aussi… et la Fed nous dit donc depuis un an qu’elle veut réduire la taille de la pyramide, c’est-à-dire l’offre de dollars, ce qui devrait faire monter les taux aux USA, ce qui se passe…

Mais le dollar est -aussi- la monnaie dans laquelle le monde emprunte, c’est-à-dire la monnaie dans laquelle ceux qui ne disposent pas d’une épargne suffisante chez eux s’endettent s’ils veulent investir ou spéculer, qu’ils s’agissent d’Etats, de sociétés ou de particuliers.

Et donc, quand le dollar se fait rare, ces entités se retrouvent en difficultés et sont obligées de vendre leur monnaie nationale pour servir la dette en dollar , ce qui force la banque centrale locale à vendre les dollars qu’elle avait en réserve de change et du coup les réserves de change de ces pays se mettent à baisser, ce qui force la banque centrale à monter les taux…Et  donc les taux de changes de ces pays se mettent à baisser de plus en plus fortement au fur et à mesure que les réserves de changes locales s’épuisent, ce qui rend le remboursement des dollars de plus en plus onéreux…et cela se termine parfois avec le FMI.

 

Or il se trouve que la Fed publie chaque semaine son bilan dont ces réserves font partie, au passif, ce qui me renseigne sur la situation et me permet d’avoir une idée du stock de dollars inutilisés en dehors des Etats-Unis et donc mis « en réserves » par des banques centrales tierces.

 

En additionnant la base monétaire aux USA aux réserves de change déposées à la Fed pour le compte des banques centrales étrangères, j’ai donc une idée de la QUANTITE de dollars dans le monde, séparée entre dollars aux USA et dollars en dehors des USA. Et j’appelle cet agrégat « la base monétaire mondiale ».

 

Est-ce une mesure précise ? Certainement pas. Mais comme le disait Keynes, il vaut mieux avoir approximativement raison que précisément tort…  Et donc, si cet agrégat se met à baisser, je sais que nous nous trouvons dans un monde où la quantité d’argent baisse) … alors que le nombre d’idiots reste à peu près constant.

Et c’est là en général que les difficultés commencent, comme en témoigne le graphique suivant et c’est là aussi que nombre de pays se mettent à faire appel au FMI.

 

 

Chaque fois depuis 1972 que la base monétaire mondiale en dollars est passée en dessous de zéro, nous avons eu des problèmes, des gros problèmes. (La seule fois où nous avons eu des problèmes sans que nous soyons passés en dessous de zéro fût en 2008 quand Paulson, le ministre des finances US, laissa Lehmann Brothers faire faillite, écroulant non pas la base monétaire mais la pyramide du crédit elle-même, ce qui était une imbécillité incommensurable. A l’époque je pensais que tout le monde savait depuis les années trente qu’il ne fallait JAMAIS laisser faire faillite à une banque…je me trompais).

 

Or la base monétaire mondiale est en train de passer en dessous de zéro, ce qui revient à dire qu’il y a moins de dollars qu’il y a un an dans le système, et le Président Trump, en suivant une politique protectionniste rend l’acquisition de dollars par les non américains plus difficile qu’à l’accoutumée.

Et déjà, les pays endettés en dollar et qui souffrent d’un déficit de leur commerce extérieur sont en train d’aller au tapis les uns après les autres.

Citons la Turquie, dont j’ai déjà parlé deux fois récemment dans ces chroniques, mais aussi l’Argentine, le Brésil, l’Afrique du Sud, le Mexique…

Déjà aussi, les pays très dépendants de leurs importations de pétrole -qui sont bien sûr libellées en dollar- voient leurs taux longs monter…

Citons par exemple l’Italie et l’Espagne, ce qui démontre l’échec de la BCE et met en danger la pérennité même de l’Euro.

Mais après tout, l’un des objectifs de monsieur Trump est de se payer l’Allemagne avec ses excédents du commerce extérieur de plus de 8 % de son PIB, ce qui est monstrueux et ne s’explique que par la sous-évaluation de la monnaie allemande, elle-même conséquence de l’Euro.

 

Mais que cherche à faire monsieur Trump exactement ?

Monsieur Trump ne croit qu’en la Nation et il veut donc simplement sortir du monde multilatéral dans lequel nous vivons..

II veut que son pays redevienne le premier pays au monde et le proclame haut et fort « America first ». Et pour cela, il faut sortir du multilatéralisme et revenir au bilatéralisme.

 

Depuis 1990 et la chute du mur de Berlin, les hommes de Davos n’ont eu qu’une idée, enlever morceau par morceau sa souveraineté à chaque nation pour la transférer à des technocrates non-élus, et pour se faire ils ont inventé l’Euro, les traités de commerce multilatéraux, les cours de justice internationale, les traités sur le climat et que sais-je encore.

 

Le but était et reste toujours était de brider l’expression de toute volonté nationale et il fallait donc enchainer les électorats et rendre le vote inutile, un peu comme en URSS.

 

Le président Trump à l’évidence veut libérer Gulliver des chaines qui enserrent le géant américain et cela va passer par une crise de l’ordre international installé par les hommes de Davos depuis 1990, il ne peut en être autrement.

 

Le multilatéralisme est mort (quid de l’Otan ?)

Je ne dis pas que cela est bien ou que cela est mal, je dis simplement que c’est une évidence.

 

Le nouveau Président américain est en train de rappeler aux hommes de Davos ce que disait de Gaulle : « les Nations n’ont pas d’amis, elles n’ont que des intérêts » et c’est ce que pensent aussi toute l’Europe de l’Est, la Chine, la Russie et la quasi-totalité du reste de l’Asie.

 

Il s’agit donc d’un mouvement éminemment populaire, ce que les hommes de Davos traduisent par populiste. Et ce mouvement apparait inarrêtable.

 

Attachez vos ceintures car la construction européenne est au cœur même du multilatéralisme et ses représentants du style Delors, Bernard Lamy ou Jean-Claude Trichet en ont été les fers de lance. Le dernier survivant de cette classe encore au pouvoir est bien sûr notre cher Président, si jeune en âge et si vieux en pensée, sans grande légitimité car porté au pouvoir par un coup d’état judiciaire et médiatique et qui ne comprend que le monde qui est en train de disparaitre.

 

La diplomatie française est donc sans-doute à la veille de connaitre un véritable effondrement de ses principes directeurs car la France a à sa tête un homme qui ne semble pas avoir intégré que partout dans le monde les peuples veulent redevenir maitres de leurs destins. Et que les peuples n’aiment pas que les élites gouvernent contre leurs volontés.

 

Nous vivons la fin d’un âge technocratique et nul ne peut arrêter la marée quand elle se met à monter. Je ne saurai trop conseiller aux lecteurs de réfléchir par eux-mêmes tant il me semble évident que nous rentrons dans des temps troublés. Un seul conseil : restez flexibles.

 

 

 

 


Le grand retour du peuple et de la nation souveraine.

Revenons en arrière.

Le mur de Berlin vient de tomber et deux thèses s’affrontent assez rapidement.

Celle de la “fin de l’Histoire”, portée par Francis Fukuyama et celle du “choc des civilisations”, soutenue par Samuel Huttington.

Le premier avançait que le futur appartenait à la démocratie occidentale et au système de marché libre et que l’Histoire au sens Hégélien du terme était finie. Cette idée fut reprise par tous les Trissotins français du type de notre trio infernal, Minc, Attali et BHL, qui d’ailleurs la soutiennent toujours contre vents et marée.

Le deuxième, Huttington montrait que l’opposition entre l’Union Soviétique et les USA s’était produite à l’intérieur de la même civilisation-la nôtre- et que les conflits du futur allaient opposer non pas des pays ou des systèmes à l’intérieur de la même civilisation mais des civilisations entre elles, et en particulier que nous allions tout droit vers un conflit entre la civilisation musulmane et les autres civilisations-dont la nôtre. Dans un autre livre, publié peu avant sa mort, « Qui sommes-nous ? », il analysait notre civilisation et précisait que nos sociétés étaient en train de se scinder entre ceux qui étaient bien partout (ceux que j’ai appelé les hommes des bateaux) et ceux qui étaient bien chez eux (les hommes des arbres), et que ce conflit portait en germe de graves dislocations. Et donc notre civilisation, alors même qu’elle était agressée par une autre civilisation était elle-même profondément divisée entre un peuple- toujours local- et des élites-internationalistes ou globalistes, que le sort des peuples laissaient totalement indifférents.

Inutile de préciser que bien entendu c’était Huttington qui avait raison et que Fukuyama avait tort, ce que ce dernier a d’ailleurs reconnu, à la différence de nos Trissotin.

Il n’en reste pas moins que ceux qui ont été au pouvoir depuis 1990 jusqu’au Brexit ont été dans la quasi-totalité de nos démocraties les partisans de la première thèse et qu’ils ont emmené à marche forcée nos systèmes politiques nationaux vers des systèmes de moins en moins favorables aux locaux et de plus en plus aux internationaux.

Et ce mouvement impliquait bien sûr d’empêcher le peuple de se défendre et donc de remettre en cause un concept essentiel à chaque pays, celui de la Souveraineté Nationale.

Or ce mouvement de détricotage des nations est en train d’échouer partout, comme il avait échoué en URSS, et pour les mêmes raisons.

Pour comprendre les raisons de cet échec, il nous va falloir rappeler à nouveau ce qu’est une nation et ensuite ce qu’est la souveraineté.

  • La nation, dans sa définition française et comme le disait Renan, est avant tout « une volonté de vivre ensemble et de partager une légende historique commune. Est Français, celui qui veut l’être…  ‘’ Je n’ai pas une goutte de sang français, disait Romain Garry, mais la France coule dans mon sang ».
  • La Souveraineté (dérivée de « souverain », du latin médiéval superus, de super, « dessus », fin XII esiècle) désigne la supériorité du pouvoir sur une zone géographique ou sur un groupe de peuples vivant en communauté. Dans une démocratie, elle est détenue par le peuple, qui de ce fait est le Souverain (comme le disent les Suisses). Mais bien sûr, par pour les gens de Bruxelles.

Et donc une nation souveraine est constituée d’un peuple voulant vivre ensemble et exerçant son pouvoir sur une zone géographique (ou un groupe de peuples) par l’intermédiaire d’une élite élue pour le représenter, au mieux des intérêts du peuple et non pas au mieux des intérêts des élites.

Hélas, la réalité depuis 1990 a été que cette élite a accepté sur le territoire national des millions de gens qui n’ont pas du tout envie d’être français, tout en abandonnant toute prétention à exercer le pouvoir SOUVERAIN qui leur avait été confié sur le territoire national puisqu’ils ont abandonné d’abord la monnaie, puis le contrôle des lois avant que de supprimer les frontières, ces cicatrices de l’histoire, perdus qu’ils étaient dans leur rêve internationaliste.

Et cela ne s’est pas passé qu’en France mais dans presque toutes les démocraties, à l’exception de la Suisse et de la Norvège peut-être.

Et du coup, nos internationalistes sont en train d’assister à la révolte des peuples qui entendent bien récupérer leur souveraineté, en virant les élites. C’est ce que ces élites appellent le « populisme » alors que ce n’est que l’exercice de son pouvoir par le Souverain.

Et il s’agit là d’un mouvement très puissant et qui ne fait que commencer.

Ce tsunami, car il s’agit d’un tsunami, ne fait que commencer et va avoir des conséquences économiques et financières extraordinairement importantes dont il me faut parler maintenant.

Conséquences financières.

Commençons par l’Europe puisque c’est là que l’effort de destruction de la nation a été le plus ancien et le plus constant.  On doit la construction européenne d’aujourd’hui à Jean Monet qui haïssait à la fois la nation (cause de toutes les guerres) et la démocratie (source de faiblesse politique), ce qui en soi était à la fois idiot et faux historiquement puisqu’après tout, il n’y a jamais eu de guerre entre deux démocraties.

Et donc les disciples de Jean Monet, tous hauts fonctionnaires, tous non élus (belges, hollandais allemands mais surtout français,) ont créé au travers du temps deux étages d’abandons de souveraineté.

Dans un premier temps, chacun des pays de la communauté a abandonné des pans entiers de sa souveraineté à des institutions européennes non démocratiques, banque centrale, cour de justice, commission, cour des droits de l’homme et que sais-je encore.

Et puis, une fois ces pouvoirs arrachés à chaque nation, on les transféra encore plus haut à des organisations « mondiales » du style ONU.,WTO, OMS ou vers des traités visant à « sauver la planète » (accords de Paris) qui empêchent les entreprises européennes ou américaines de faire concurrence à leurs consœurs Indiennes ou Chinoises autorisées à polluer autant qu’elles le désirent.

Premières et seules victimes, les PEUPLES, les locaux.

Seuls gagnants, les hommes de Davos et le capitalisme de connivence.

La révolution des peuples en Europe va donc devoir détruire non pas un niveau mais deux d’organisations internationales superfétatoires.

Pour faire bref, pour sauver les peuples européens de la misère et de l’esclavage auxquels ils sont promis, il faut sortir Bruxelles de l’Europe (appelons cela le Bruxit), c’est-à-dire détruire l’appareil politique supra national érigé à Bruxelles depuis 1990 et qui n’a aucune légitimité démocratique, faire disparaitre le monstre financier qu’est l’Euro et renvoyer à leurs chères études les Barnier de ce monde.

L’ayant détruit, il faudra sortir ensuite des organisations mondiales, ce qui n’ira pas sans mal…

“Vaste programme, monsieur, vaste programme” comme l’avait dit le Général à un homme qui lui avait dit « Mort aux cons, mon général »

Si nous n’y arrivons pas, il est tout à fait certain que dans la guerre des civilisations si bien entrevue par Huttington, nous allons être les perdants tant il est vrai que si peu de gens sont prêts aujourd’hui à mourir pour la France, personne et je dis bien personne n’est prêt à mourir pour l’Europe de Juncker.

Il ne faut pas que le lecteur se désespère, les peuples se réveillent : déjà nous avons eu le Brexit, suivi de la renaissance de l’empire Austro-Hongrois, les élections Italiennes, avec l’Italie qui apparait à la veille de basculer en dehors de l’Euro, retrouvant de ce fait sa liberté et sa prospérité en récupérant sa souveraineté monétaire.

Rien n’est perdu, mais rien n’est gagné non plus.

Pour les placements, il ne faut encore une fois rien avoir qui dépende des états européens (obligations, banques compagnies d’assurance etc…) et n’avoir des actions que dans le secteur capitaliste du style Air Liquide ou l’Oréal.

Venons-en aux USA

Monsieur Trump a décidé très clairement d’être le Président des américains et non pas des hommes de Davos (ils lui en veulent d’ailleurs beaucoup, ce qui semble le laisser totalement indiffèrent) et nous venons de le voir une fois encore lors de la réunion du G7 où il a envoyé paître notre cher Président ainsi que la chancelière allemande. Un G7 sans les américains comme le voudrait monsieur a un nom et c’est la Commission Européenne à laquelle j’aimerais rappeler la phrase de Bismarck : « La diplomatie sans les armes, c’est la musique sans les instruments ».

Il faudrait que quelqu’un rappelle à monsieur Lemaire et à madame Merkel que la défense militaire de l’Europe est assurée par les USA et par eux seuls. Notons au passage que le Président US a demandé la réintégration de la Russie dans le G7, ce qui semble indiquer que le procureur Muller n’a pas grand-chose dans son dossier d’accusation contre le Président Trump et que les élections à venir en Novembre 2018 vont être bien difficiles pour les démocrates.

Acheter des obligations Russes, si vous le pouvez et aussi vite que vous le pouvez.

Conservez vos dollars et vos positions aux USA.

Achetez une résidence secondaire à Miami ou à Sébastopol.

Reste l’Asie

Les pays en Asie sont en train d’acquérir leur souveraineté financière, après cinquante ans de servage sous le joug du dollar (voir mes articles précédents sur le sujet), ce qui veut dire que leur croissance va rester très forte mais surtout que cette croissance ne sera pas interrompue par des crises financières chaque fois que le dollar monte.

On le voit très bien en ce moment où la Turquie, l’Argentine, le Brésil, l’Afrique du Sud etc… sont en train de se casser la figure alors que les pays d’Asie restent peu ou prou impavides.

Bourrez-vous d’Asie, obligations et actions tant il est vrai que ce qui baisse le moins dans une crise est ce qui montera le plus dans la reprise.

Et je n’ai aucune inquiétude à recommander l’Asie vis-à-vis de l’Europe.

Depuis le début de l’Euro, les bourses asiatiques ex Japon ont progressé dividendes et taux de changes pris en compte de 433% alors que l’Europe est montée de 188 %

La vitesse de croisière de l’Asie est donc d’environ 7 % par an en performance annuelle moyenne, soit un doublement de votre capital tous les 10 ans.

La vitesse de l’Europe est un très poussif doublement tous les vingt ans soit 3.5 % par an.

Il faut être un peu demeuré pour préférer 3. 5 % à 7 %, alors même que le risque géopolitique en Europe est immense et très faible en Asie.

Pourquoi cette différence de performance ?

C’est tout simple : nos gouvernements ne cessent de limiter non seulement nos seulement la vitesse sur les routes mais aussi nos capacités d’actions dans tous les domaines. Et donc la rentabilité du capital investi est beaucoup plus faible dans la zone Euro que partout ailleurs.

Et certains des lecteurs trouvent peut-être tout cela très bien.

Pas moi, quand il s’agit de gérer mon épargne.